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Tuesday, 26 May 2015

Le Diable Ecoute The Smiths (#LesInrocksEnVadrouille)

To: Frédéric Bonnaud @ Les Inrocks (directeur Cinematheque depuis 2016 > 
From: Sybille Castelain @ nobody/nowhere/nothing
Subject: emails / Fatwa culturelle... Emmanuel Tellier, demandeur de pipes!

Cher Frédéric,

Je vous écris une bafouille que vous lirez avec ou sans couille… Peu importe à vrai dire ! Ça fait déjà quelques emails que je vous envois et la violence de votre silence est assez insupportable.

Pendant l’été 90, je travaillais dans le wagon restaurant du Paris-Hendaye. Et puis, avec ma belle gueule, on a voulu me mettre comme hôtesse première classe : resto-plateaux ! Une perspective peu réjouissante puisque j’allais me retrouver sans équipe et boire seule… Boring ! Un jour dans le wagon-resto, y’a un beau mec qui s’est pointé avec une fille sublime. La fille en cuisine me dit : « C’est cet enculé de Jean-Luc Lahaye ». Vu ma tête, elle m’expliquait en 2’ qui il était pendant qu’il renvoyait la fille s’asseoir. Une salade et un plat du jour : la salade pour la fille. C’est là que j’ai décidé de bosser aux Inrocks. Les stars de pacotilles me faisaient chier, surtout qu’on naviguait côté palace Johnny Halliday.
Je m’étais achetée une machine à écrire à la Foire à Tout de Giverny pour tapepr mon CV : « Rappelez en janvier, on aura besoin d’une réceptionniste ». Mon salaire allait être de moitié, je serais la seule femelle permanente à plein temps parmi huit mecs full time, je travaillerais comme admin’. Rien de glam a priori… ni a posteriori !

Ces gens qui avaient tenté de m’éduquer m’avaient répété pendant l’adolescence qu’on ne vivait pas de la musique… ils étaient furax : « Le but dans la vie, c’est de bien gagner sa vie ! ».

Des l’intro en Février 91, papy Beauvallet aka JD the DJ de Tours – bon, il n’avait que 28 ou 29 ans mais il portait été comme hiver des pantalons caca d’oie en velours côtelés à grosses cotes – me saluait d’un « On est sévères mais justes ! » Forcément, quand tu idolâtres les Inrocks, ça traumatise ! En plus, je m’attendais à bosser avec des mecs au look Rock N’Roll, le pétard au bec… plutôt style cul bénis version Martine fait du Rock !

Ma rencontre avec le pigiste Samuel Blumenfeld était toute aussi « perturbante ». Un garçon très très bien mais qui me répondait ne pas être mélomane. A l’époque, Google c’étaient des lunettes hermétiques pour nager sous l’eau – je m’emparais du Larousse pour bien vérifier la définition : Samy, un jeune homme dans un magazine Rock qui n’aimait pas la musique ! Sinon, grâce à lui, je me suis intéressée à Abel Ferrara et son épopée cocaïne à New York : même énervé, Samuel ne faisait pas peur.

Le Big Boss, Arnaud Deverre, me demandait si je pouvais représenter Les Inrocks pour leur premier Salon Du Livre au Grand Palais. « Oui, je fais quoi ? » « Rien, tu réponds aux gens s’ils te posent des questions, t’essayes de pas les envoyer chier et si tu vends quelques magazines, tant mieux ! Pioche dans la caisse pour le déjeuner. » A la fin de la semaine, je leur rapportais 5000FF en cash et autant en chèques : j’avais vendu des anciens numéros, des abonnements et autres accessoires non glam (reliures, Tshirts). Du coup, The Boss avait fait une rallonge sur mon pequeño salaire de smicarde-moins.
A mon retour du Salon, le gentil papy JD (pourtant pas très heureux de mon séjour au Grand Palais) m’avait confectionnée un joli bureau (ex armoire) de 1m sur 1m50 dans le couloir près des chiottes où j’étais cachée par un haut mur qui soutenait le fax. Sans fenêtre, j’avais le grand bonheur d’inhaler les différentes odeurs de crottins de couloirs tout en tamponnant les chèques et en répondant au téléphone : multi-tasks j’étais !

Sinon, tout n’était pas rose non plus ! Lorsque les popus et chroniques défilaient par fax, j’avais le privilège d’intégrer la salle éditoriale pour les enregistrer sur le MAC. Parfois (souvent serait plus approprié mais soyons sobres et humbles), le plus jeune des tourangeaux (Emmanuel Tellier aka Manu aka Teloche - aujourd'hui à Télérama) démontrait son appeal pour mes atouts. Je vous rassure Frédéric Bonnaud, jamais une main dans les cheveux, ni au cul, ni de paroles déplacées quant à mon physique de rêve. C’était plus des mots droit au but « J’te file 100FF et tu me fais une pipe » Ça devait être de l’humour parce que ça le faisait rire et moi du haut de mes 22 ans, j’étais pas très mature pour comprendre. Alors, je souriais niaisement. 
En même temps, j’avais pas beaucoup de temps pour faire des pipes, même si je dois bien l’avouer, 100FF ça m’aurait bien aidée parce qu’une fois l’appart’ et les factures payées, je bouffais pas grand-chose. En plus, il était plutôt honnête parce que jamais il disait « fais moi une pipe et tu pourras écrire pour les Inrocks ». Ben quand même, j’étais là pour ça : tu rentres par la petite porte avec ta grande ambition et tu évolues. Donc, forcément, j’étais pas bête non plus : une pipe sans promesse d’évolution… j’étais pas trop chaudasse !

Un jour, je me suis dit que ça devait être très drôle, mais j’ai flippé grave avec quelques gouttes de pisse à l’appui ! Le bouclage était terminé et les chèques d’abonnés pas encore postés. Une petite trêve dans ce chemin de fer d’enfer qui me permettait de mettre à jour la salle d’anciens numéros, d’archiver les interviews ou de sur-vérifier le bon fonctionnement de mes 10000 abonnés (le plus grand nombre de toute la presse française). 
Donc, un jour, les deux tourangeaux me demandent d’être leur gardien de but et ils me font découvrir le sous-sol / garage. Tous les garçons étaient fans de foot, donc ça devait être pour ça qu’on m’avait construit un beau bureau isolé – pour pas m’embêter avec les résultats. Me voilà donc gardienne de but au sous-sol. Je ne sais plus qui, celui qui a tiré avait une force ultra hulkienne était fort motivé. Si je n’avais pas mis la main, le ballon se serait tapé l’incruste dans mon visage. Heureusement, je me suis juste cognée la tête dans le mur derrière et on a dû me bander la main gauche. Pas très grave, je suis en générale droitière. Un peu sonnée, j’ai dit que je remontais. Secrètement, je trouvais sympa qu’on me fasse participer à un jeu, ça prouvait qu’on m’aimait bien et je gardais espoir d’écrire et faire des photos pour les Inrocks. Le plus jeune, Manu, m’invitait à lui faire une pipe avant la remontée et l’autre pervert souriait : c’est là que j’ai compris que c’était de l’humour puisqu’ils étaient deux à sourire (le nombre ne fait-il pas la force ?). Sauf que dans la pénombre du bas-ventre des Inrocks, mon propre ventre faisait des bulles parce que ma tête ne pensait plus…

Un jour, en été, on avait acheté des cerises et on m’avait invitée à une compétition de lancer de noyaux de cerises ! A force d’être intello, faut bien se dégourdir les neurones. On avait un petit jardin juxtaposant l’aquarium de Calou (mag designer) dans la salle éditoriale. Manquaient le jacuzzi et le sauna, mais en réalité on avait dû nous même (surtout moi) poser les carrés de moquette dans la salle (je suis devenue une experte). Quand ils ont acheté l’aspirateur, les sept mecs (Calou n'a pas participé à la 'plaisanterie') m’ont fait les yeux doux et là, j’me la suis jouée quart d’heure féministe à recadrer les cadrans. Du coup, ils avaient embauché un Musulman pour faire le ménage. Il avait choisi le bureau de JD pour faire sa prière versant Mecque… Les deux hommes n’ont pas fait potes tout de suite.
Bref, les cerises ! J’ai perdu ! Notre jeune tourtereau tourangeau s’étonnait qu’une fille puisse perdre : il suffisait d’aspirer un grand coup pour recracher le noyau. Sauf que je suis d’une nature plutôt enthousiaste et le noyau se coinçait dès l’aspiration. Quant au lancer, j’étais juste mauvaise ! Discrètement, je demandais au tourtereau pourquoi les filles gagnaient (j’étais un peu inquiète de perdre par manque d’intelligence). « Les filles ont l’habitude de faire des pipes donc plus entrainées naturellement à positionner les lèvres… » avait-il clamé bien fort! 
Même si ça faisait rire tout le monde, je trouvais un peu lourd cette histoire de fellation : je n’avais jamais le temps, ni l’argent de déjeuner avec l’équipe (je n’étais de toute façon pas invitée) ; ni n’étais-je jamais invitée aux concerts (sauf 1 festival Inrocks et un concert Chelsea). C'était l'été et je ne les connaissais pas ! Eux, ne me posaient aucune question. Ok, JD savait que mon père avait été militaire et il s’était aventuré sur plusieurs jours à faire le salut Nazi en guise de « bonjour »… Il a marmonné « Dont acte » après mon intervention.

Alors que je me croyais seule dans la salle éditoriale à taper une popus, la crapule tourangelle me tendait un billet de 100FF pour un service sans évolution. Vexé, il partait à la boulangerie. Le monsieur qui avait tout vu tout entendu sans être vu me demandait d’un air très sérieux si c’était la première fois !
Vous savez Frédéric Bonnaud la honte qu’on ressent quand on se sent prise au piège par son collègue ? Il faut pourtant bien répondre ! Personne ne savait (sauf le papy à grosses cotes). Même pas mes amis. Quant à mes parents, ils se seraient fait une joie de me rappeler qu’on ne vit pas de la musique ! Ce collègue  m’a fait la morale : ça avait un nom, ça s’appelait du harcèlement, j’avais à le dénoncer à la direction, j’expliquais que je voulais écrire et faire des photos pour le mag… j’étais une conne !
Un jour, très bizarrement, le bureau d’Arnaud était fermé avec interdiction d’entrer / de frapper ! En sortant, la crapule avait balbutié « J’aurai ta peau ».
Toute la matinée, j’avais tamponné mes chèques et répondu au téléphone dans mon cagibi. Je n’avais aucune idée du pourquoi il voulait ma peau : je savais juste que pour une fois, il ne s’agissait pas de sexe !
Le soir, je demandais à mon collègue s’il avait dit quelque chose à Arnaud. Il m’expliquait que ça devait se savoir : Les Inrocks allaient passer mensuel quelques mois plus tard avant de devenir hebdo en 1993-94 (selon les prévisions de Christian Fevret)… que probablement des femmes seraient embauchées...
Je persistais au déni pour me donner une chance d’écrire/faire des photos et favorisais le silence.

Mes bouffées d’air frais, c’étaient les abonnés, les stagiaires et les pigistes : Hadrien Laroche et Michel Jourde des Immatures, Samuel Blumenfeld (aujourd'hui à Le Monde), Patrick Messina, Christophe Conte. Michka Assayas et Arnaud Viviant gardaient une distance lépreuse. 
Je suis d’ailleurs restée longtemps en contact avec les stagiaires. C’est à une de leurs soirées que je rencontrais le rédac’ chef de Prémonition. Comme il voulait interviewer l’obsédé de la fellation puisqu’un album se préparait, je tapais l’incruste : une opportunité de participer à une interview, d’écrire, de prouver aux Inrocks que j’avais une plume… que j’étais autre chose qu’une poinçonneuse de chèques. Le chanteur, content des questions, nous invitait chez lui à prendre un verre. Comme je n’avais pas accès à la K7 pour retranscrire l’interview, j’étais chargée de l’intro : « Autochtones tourangeaux à l’âme britannique, le quatuor Chelsea est plus à comparer à de la bonne pop anglaise qu’à de la mauvaise variété française… »
J’arrivais dans la salle éditoriale sur un air « Le bonheur est dans le pré, cours y vite, cours y vite… » alors que se jouait un air de Kill Uncle de Morrissey. Je tendais mon intro au chanteur, mon nouvel ami. Une marée haute en testostérones et hormones avaient dû s’emparer de son âme pendant la nuit… mon allié me sermonnait sur ma présence à l’interview ! Je lui demandais s’il présentait son passeport pendant les interviews. Je marquais mon premier point cynique : tous les mecs avaient ri ! Pendant cette pause fou rire générale, l’allié-ennemi n°1 lisait l’intro : « Le jour où tu écriras comme ça, tu pourras écrire chez nous ! » Très arrogante, je lui demandais quand je commençais ! 
Le boss éditoriale Fevret m’appelait. Happy, je volais à son bureau et il me rassurait quant à ma liberté : « En dehors des Inrocks, tu fais ce que tu veux, tu écris pour qui tu veux, mais surtout ne parles pas du passage à l’hebdo » « Ah, ben non, de toute façon j’ai demandé à ce que mon nom n’apparaisse pas dans ma signature pour ne pas gêner » « T’inquiètes, Telloche a des goûts de chiottes, il ne sait pas lire, il n'a pas compris ton intro! » m’informait Renaud Monfourny très cocky – « Et la photo, tu me l’enseignes quand ? » j'avais retorqué très blessée.

L’automne s’annonçait frais, quant à l’hiver… on ne me demandait pas de playlist pour le numéro de Noel alors que les chats de Calou et Telloche ‘aimaient’ les Stray Cats and co parmi les Bernard Lenoir & co !

Arnaud était plus que d’accord pour m’envoyer à nouveau au Salon Du Livre en tant que représentante Inrocks, surtout qu’ils passaient mensuel en avril 92. La redac’ était colère avec un JD Beauvallet hors de lui, très militant pour m’enchainer au téléphone qui sonnait off the hook
J’avais déjà organisé un RDV pour un job potentiel chez un éditeur grâce à une ex stagiaire Inrocks. Aux gens pas contents que le magazine passe mensuel, je leur expliquais qu’il fallait suivre la cadence de l’actualité musicale, littéraire et ciné. Je rapportais autant d’argent que l’année précédente et j’annonçais mon départ à Arnaud.

Evidemment, je n’avais aucune envie de partir, ni de travailler pour cet éditeur qui ne me plaisait pas du tout. La seule chose positive : je gagnerai le double… mais je m’en foutais un peu ! Au lieu de finir le mois, le Big Boss m’avait dit que je pouvais me casser à la fin de la semaine, qu’il me paierait mon mois et mes congés payés. On n’étaient pas les meilleurs potes du monde, mais si je le trouvais juste et humaniste, il n’était pas sévère. Pour lui, j’étais une chieuse mais une bosseuse : il me remettait en place parfois et ça l’emmerdait que je parte (j’ai su plus tard qu’il comprenait ma décision).
Cette dernière semaine avait été la semaine la plus silencieuse de mon séjour Inrocks : personne ne se parlait, même le Moz s’était mis en veilleuse. Le dernier jour, l’excité de la pipe concluait savamment : « Finalement, on saura jamais si t’es une lesbos ou non ? » Deverre passait juste derrière lui. Je ne souriais pas niaisement, j’étais triste d’avoir muri !

Episodes post-Inrocks
·        -  Mon nouveau job m’avait permise de me payer un cours de photo dans le XIeme.
·       -  Les ex stagiaires Inrocks (école Séguéla etc) trouvaient des jobs chez France Inter, Arte etc : ils ne savaient pas pour les pipes mais avaient vu et entendu des remarques peu courtoises à mon sujet : la réputation des Inrocks misogynes et sexiste s’est faite « grâce » à moi mais sans moi ; à Londres (où je partais fin 92), la presse était au courant – lors d’une soirée je rencontrais des ex photographes qui savaient ! Bien sur, les Inrocks sortaient un numéro avec une compil' Sarah Records, mais pour leur label underground, pas pour leur revendication féministe ! Le docu My Secret World ne mentionne pas la presse internationale, mais un livre doit sortir, on peut s’imaginer une séance de rattrapage…
·    - Une certaine Sophie m’avait remplacée : Arnaud ne voulait qu’une admin ne connaissant pas les Inrocks et pourtant (aux dires) l’équipe éditoriale l’avait formée pour être critique de film des la sortie de l’hebdo !
·        - Grâce à Calou, je rencontrais le DA du NME pour y être photographe. Mon portfolio lui plaisait bien et suite à une conversation avec Monfou… je ne travaillerai jamais au NME !
·         - Mid 90’s, je rencontrais Time Out grâce au Riverside Studios : ils savaient que les femmes y étaient peu respectées… pour la première fois j’acquiesçais !
·        -  Mid 90’s, je faisais un reportage de la présence médiatique française à Londres. Je rencontre Lydie Barbarian (Libération, France Inter). Elle fait imprimer (avec mon accord) 1000 cartes postales d’une photo que j’ai prise d’elle pour souhaiter la bonne année aux maisons de disques. Au lieu de me créditer… le nom de l’imprimeur y paraissait ! Les boules non ?
·        - Mai 99, soit 7 ans après avoir quitté les Inrocks, je rencontre MAB qui ouvrait le Bureau Export (non sans histoires) à Londres. On avait parlé de prendre des photos pendant certains concerts français. A la suite d’une conversation avec JD, elle avait dit que jamais je ne serai invitée aux concerts BUREX ni aucun événement Institut Français de Londres. Aucun de mes emails n’a été répondu… même récemment ! 
    Dure la fatwa Inrock / culturelle !
·        - Après mon retour du Pérou, OOF me demande en 2009 si je peux le faire tourner en Amérique Latine. Il pense que je suis riche parce que mon CV parle d’Ambassade de France et d’Alliance Française (et Inrocks). Je lui explique que si je suis au RSA, c’est parce que mon travail était bénévole, qu’ils ne pouvaient pas me payer. Il ne m’a pas cru et n’a eu aucun scrupules à partir en 2013 faire une tournée en Inde et Népal (où j’avais fait sa promotion jusqu’en 2011) – il me semble qu’il s’agit de 7 dates à 1000 euros par date, je n’ai rien touché !
·        -  Tous les artistes dont j’ai fait la promo sur les territoires hors occident ? Soit ils sont partis sans jamais me payer ; soit ça s’est mystérieusement mal passé !
·       -  J’ai commencé mon blog en mars 2013. En avril 2013, je publiais un article où je mentionnais Swallow and the Wolf entre autres pour ensuite enlever certains noms. Très étrangement, on les retrouve quelques mois plus tard chez JD. Avec Algiers que j’interview en oct 2013 (que JD reprend en 2014), j’ai trouve très curieux qu’à leur représentation du 31 oct 2013, il y avait cette fille qui venait de Paris pour les « checker » et qui était très mal à l’aise en me parlant. Des garçons nord-américains qui n’ont aucun souci à me faire déplacer pour les interviewer ; à ne rien donner en matière d’info ni de musique ; vouloir tout savoir sur 4AD ou Jarvis Cocker (que je ne connais pas perso) ; qui se vexent quand je leur dis que Jarvis était « vieux » dans la musique lorsqu’il s’est fait signer (comme si je connaissais leurs âges) ; qui veulent un article sur eux sans être capables de twitter, Fbker etc : des enfants gâtés qui prennent tout pour argent comptant et se foutent du petit peuple ; qui soutenus par un JD style étendard ! du pur copier-coller musical et visuel ! Aucune identité !
·         - En oct 2014, je prenais contact avec JD qui m’assurait ne pas savoir qui j’étais (please ! avec un mot du médecin comme quoi il a Prosopamnesia ?), ni lire mon blog… en même temps, tous les mainstreams utilisent les blogs pour se mettre à jour ! et ce n’est pas lui qui peut dire le contraire à partir de la quatrième minute ici . Je profitais de cette conversation électronique pour l’inviter à une interview pre-festival Inrocks à Londres. Très franchement, toute la conversation paraissait fausse (il aurait pu dire « je ne me souviens pas de toi, mais ça tombe bien on prépare un numéro spécial anecdotes, tu veux participer ? ». Je l’aurais interviewé mais je lui aurais aussi demandé pourquoi depuis 20 ans il me mettait des bâtons dans les roues ? Il concluait l’e-conversation par « You know what : tu interpretes tout mal, tu es agressive, tu inventes des histoires. ça ne m'intéresse absolument pas de me faire engueuler systématiquement pour ce que que je n'ai pas dit ou pas fait. ça sera mon dernier email » Les personnes qui ont lu notre échange ne comprennent pas son attitude, comme un petit garçon qui inverse le rôle de l’agresseur en agressé ! JD n’est pas une victime, ni un innocent ! C’est quelqu’un capable de s’immiscer dans la vie des gens comme une mauvaise herbe dans les ruines de château (c’est moi la ruine de château – qu’on a déshérité) : un voyeur que la pauvreté des autres assouvit (‘tain ça fait du bien d’être hater) qui se réapproprie des twits et des infos tout en jouant le gentil garçon ! un bureau dans un cagibi, faut être cinglé !

Fréderic Bonnaud, mes emails concernaient des questions aux similitudes de mes billets et ceux de vos chroniqueurs – en particulier Nelly Kaprielian sur  Alexander McQueen (elle a repris toutes mes sources underground). Je vous ai détaillé tous les exemples. Je vous demandais également pourquoi en 2011, Les Inrocks avaient publié une photo de 1991 où je disparaissais derrière un chat ? Je ne vous tiens pas responsable du passé, mais votre position médiatique devrait pouvoir questionner et m’apporter une réponse. Je ne suis pas un robot et j’essaie de m’exprimer, de faire des recherches via mon blog pour me prouver que j’existe encore un peu cérébralement. Comment pensez-vous que je me sente quand je suis en permanence exclue de ce jeu médiatique. Ex : en deux ans de billets sur le V&A, les invitations se sont brutalement stoppées ! Curieusement, le cercle d’Algiers, ce groupe que JD essaie absolument de faire percer car comme il dit « j'ai un réseau très large », qui ne me parle plus et pour qui j’ai fait énormément de publicité en 2013 auprès du NME, Metro, The Guardian, Time Out, est très impliqué auprès des institutions d’art (hello Brad Feuerhelm), de films (hello Carmen Gray) et de musique (hello Beggars Banquet) ! Ou dois-je m’inquiéter de ce large réseau de JD qui pourrait m’exclure des sorties CD ? JD a toujours plein de preuves sur tout le monde, sur leurs mauvais fonctionnements… mais lui, c’est pas un peu douteux qu’il veuille ma peau ?
Quelle est mon opportunité puisque j’arrive en fin de droit du RSA anglais? de tapiner ? de me suicider ? Encore une fois, je ne suis pas payée pour mon travail et ça ne me réjouis pas de voir mes recherches retranscrites aux Inrocks (ou Time Out – eux le font ouvertement). Ça ne me réjouis pas du tout que des politiciens de sofa, bourges mea culpa d’Algiers Anti-Charlie se retrouvent brandis par JD comme s’ils étaient les dernières ondes musicales tendance : c’est de la pop sirupeuse qui navigue entre le Shout de Tears For Fears et le sexe de Guesh Patti qu’on veut faire passer pour du Willis Earl Beal ou du Nick Cave alors que c’est du Karaoke de gueule de bois ! Je maintiens mon attirance pour Blood et un nouveau titre Remains (malheureusement pas en exergue) mais ils n’ont rien inventé et certainement pas le gospel-punk ! Des banquiers-héritiers, fils à papa qui ont privilégié leur sens aigu du capitalisme pour enregistrer et s’acoquiner avec 4AD/Beggars/Matador et leur voisin Stoke Newington Thurston Moore plutôt que de régler le misunderstanding (demander à JD qui a dû se recup’ l’échange Lee/myself pour preuve par 9 divisée par moins 37°2 !)

Pour info Frédéric Bonnaud, on va vous dire que mon séjour aux Inrocks c’est de l’intox, que rien ne s’est passé, que j’invente tout ! En revenant du Pérou, j’ai rencontré un ex-Inrock qui m’a demandé si j’avais eu des soucis avec le plus jeune tourangeau : j’ai demandé s’il y avait eu des soucis et il a répondu que des femmes s’étaient plaintes et qu’il avait du partir 10 ans auparavant pour un autre mag. Si aujourd’hui, je m’en veux de ne pas l’avoir balancé avant, je me dis que certainement il a dû se calmer… ce que j’ai du mal à croire avec JD, c’est viscéral chez lui !
Etes-vous en position de demander à vos employés de ne pas se servir de mon blog ? Si mon blog est une source d’inspiration pour certains, pouvez-vous me conseiller un/des media qui m’emploierai/ent ? (pour la photo où je disparais, scroll my FB = https://www.facebook.com/sybille.castelain « le 15 avril vers 17h »).
Pour la note positive, j’ai appris beaucoup de choses aux Inrocks et tous les artistes qui m’attirent en fonction de leur politique, c’est à la pensée originale inrockeenne que je le dois.

Sybille Castelain pour babylondonorbital@gmail.com
Archives de mes billets = http://sybillecastelain.blogspot.co.uk/

Monday, 18 May 2015

ASIAN DUB FOUNDATION - More Signal More Noise - Believe Recordings out 10 July 2015 (gigs around the world)

ASIAN DUB FOUNDATION
More Signal More Noise
ADF Communications/ Believe Recordings LP/CD/DL,
10 July 2015
Band to perform live score to George LucasTHX 1138 at The Barbican, Friday 19th June + Secret Cinema shows tba.
[UPDATE] (18/6/15) Barbican show starts at 8pm with a Q&A FROM the film’s sound designer Walter Murch (who also worked with Coppola on Godfather, Apocalypse Now etc). My Q&A in wait... since 1/6... :)



[2 days after this post, Sam past away - RIP SOB]
On a glacial day in December 1998, I met One Little Indian (OLI) press officer on a far east tube station of the Central Line. We walked in an area that seemed to have been forgotten by any governments. She was taking me to State of Bengal (SOB) aka Saifullah (Sam) Zaman’s house to interview him ahead of his excellent and forthcoming LP Visual Audio, due out in March 1999 but also for my politico-music essay on the British-Asian scene.
Following his Björk’s Homogenic tour and the rise of the British-Pakistanis/Indian/Bengali art scene, Sam got signed to mighty Derek Birkett’s label.

As I sat in his East meets West / electro-traditional music saloon, his landline phone rang twice: someone wanted Talvin Singh’s number; then Björk played some flute tunes she wanted to record for Vespertine.
Then, someone entered the saloon, said “hello”, talked a bit and went upstairs. As my face might have been in awe or/and frozen, Sam said it was his brother Deeder aka Master D... Asian Dub Foundation’s rapper!

After two days of praising a supposedly best new political band which album comes out in two weeks time, The Quietus questioned Pop's Endlessly Problematic Relationship With Politics on 21 April 2015 as if to annihilate its previous days in a row of glorifying that über politely correct pop-ish band while re-mapping the so-called countercultural revolutionary corps that many claim! Despite learning that Ian Curtis (25 years today) of Joy Division voted Conservative in 1979, I was wondering if Stubbs and I listened to the same rock and pop bands back in the 80’s-90’s. But his piece does trigger a good point about whether there are any political statements in the music scene today!
A few days later, I received a musical link: Asian Dub Foundation (ADF) new track Zig Zag Nation. A pure audio-bomb... a 00’s ear deflowering!

Back in 1998, Sam was saying that he and his second generation brothers and sisters (born or settled at a young age in UK) were listening to North American rap in the 80’s and how they related to the New York ghettos: “We could measure what we all had in common but we didn’t have a platform to express ourselves... We spend little time on this planet, so we must participate altogether: either you are part of the solution or you are part of the problem”. While he and his contemporaries created a music platform for their communities via The League of Bengla Joi and the Community Music in the East End of the mid-80’s, Aki Nawaz and Kath Canoville created a music label Nation Records in 1988 in Ladbroke Grove. Nation released Fuse, a compilation of British-Asian sounds fusing punk, rap, bhangra, dub, hip-hop, techno and house that included a track by ADF. It was not only a matter of being political, but mostly to help young people, to be pro-active without necessarily giving endless speeches.
Aki couldn’t understand the music press frigidity to Nation sounds “We managed artists like Tasmin Asher or Talvin Singh (aka Mahatma T); we played in Fun-Da-Mental (FDM) and we signed Natasha Atlas, Translogal Underground but the music press seemed to have time for some, never for ADF.



When ADF had an opportunity to sign on French label Labels (Virgin’s offshoot) in early 90’s, they became part of the music history with a rage that seemed to be their default status. They talked to wide and wild crowds across the world and if they were not being incendiary on stage, they kept being involved and pro-active in their rainbow community back home in London as well as celebrating disability and chanting for justice... a space to perform and feel included in a fast moving society: a refusal to be ghettoised!

ADF were always involved in many causes but the one I will never forget is the Free Satpal Ram case! I spent about two years interviewing and going to all things Asian in the mid 90’s. I met countless times a guy called Stan. He would come from Manchester to any gigs or clubs raising awareness on Satpal Ram who had been jailed for accidentally killing one of his six racist aggressors. ADF dedicated a song to Satpal and got many acts shouted for justice: Swaraj club, Earthtribe, FDM, SOB, Primal Scream, Chumbawamba and so many others.
When Jools Holland invited me to his Later With show, I met Bobby Gillepsie in the BBC. Despite the corridors not being wide enough for Primal Scream singer, he talked vividly about Satpal’s case. I could have continued a corridor’s journey with Bobby and talked more about XTRMNTR... after 17 years in jail and infinite musical campaigns, Satpal got out in 2002 at the age of 37.
At the time, Deeder had left ADF. Some said for medical reasons, others said he wanted to be more involved in social justice on a permanent basis.


Believe Recording is now ADF’s home after some year’s hiatus and they sent me their More Signal More Noise’s album. It has kept its punch mixing raga-reggae / dub-punk / electro-mad noise with flute thanks to Ash’s protégé Nathan ‘Flutebox’ Lee. After a few hearings, I left the album alone. Sometimes, a coucous is better on the day after it’s been cooked. More Signal More Noise has that kind of flavour... it has to be tamed and it’s only 2 weeks after, I realised how more complex ADF’s opus is: rage is still around; Adrian Sherwood still piloting the waving sounds; bearing at times Moroccan  psychedelic/gnawa sounds fused with jazzy rebel layers and elements of trance.
More Signal More Noise has kept its verve of its ancient times while edging a wrinkleless sonic temple. It looks like the world is in need of some music and politic activists. Let’s hope ADF will trigger more acts that can do tricky equations: mixing art and politics while being constantly vigilant... like dolphins do!

‘More Signal More Noise’ is released via Believe Recordings on Friday 10th July 2015. Tracklist:
1. Zig Zag Nation 2. The Signal & The Noise 3. Radio Bubblegum 4. Blade Ragga 5. Semira 6. Stand Up 7. Flyover 2015 8. Hovering 9. Get Lost Bashar 10. Fall Of The House Of Cards 11. Dubblegum Flute Flavor [Bonus track CD & DL only]


Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Gigs around the world:
20 MAY Sala Apolo Barcelona, Spain
23 MAY Festival Sur les Pointes Vitry Sur Seine, France
06 JUN Ruhr Reggae Summer  Dortmund, Germany
07 JUN Festival Ida Y Vuelta  Perpignan, France 
10 JUN Festival Aucard de Tour Tours, France 
12 JUN La Laiterie Strasbourg, France 
13 JUN Festival Paroles et Musiques St Etienne, France 
19 JUN Barbican ADF in THX 1138 (performing the movie soundtrack) London, UK
25 JUN Electric Castle Festival Cluj, Romania
26 JUN Festival Rencontre & Racine Audincourt, France
27 JUN Fusion festival Lärz / Berlin, Germany
28 JUN Faust Hannover, Germany
04 JUL Journée Urbaine Limoges, France
11 JUL BBC 6 Music Radio London, UK
14 JUL Rough Trade Notthingam, UK
17 JUL Alrumbo Festival Rota (Cadiz), Spain
18 JUL Festival de Néoules, France
22 JUL La Mar de Músicas Cartagena, Spain
23 JUL Iboga Summer Festival Cullera, Spain
28 JUL Park Orsula Dubrovnik, Croatia
30 JUL Schengen Fest Vinica, Slovenia
31 JUL The Juergas Rock Festival Adra, Spain
07 AUG Reggae Sun Ska Pessac (Bordeaux), France
21 AUG Bucharest Green Sounds Festival Festival Bucharest, Romania
22 AUG Festa di Radio Onda d'Urto Brescia, Italy
28 AUG Rock For Churchill Vroutek, Czech Republic
05 SEP Métissage Vaugneray, France MORE +
11 SEP Reperkusion Festival Ourense, Spain
18 SEP Ze'Fiestival Marsanne, France MORE +
16 OCT Fira Mediterrània de Manresa Manresa, Spain
12 NOV Zentzura at Festival Bilbao, Spain


Wednesday, 13 May 2015

A Fuller Life by Samantha Fuller. In UK cinemas from 15 May 15


If a cop shoots a gangster or a criminal’s back, it shows how clever s/he is. A cop doesn’t have to wait for the guy to turn over to shoot. It’s too risky. Cops have a badge; the law is on their side and they have the right to shoot. When I was a criminal reporter, I worked with cops and I know what I’m talking about: they are very careful before shooting. They are trained to use their guns at the right time, but sometimes, they happen to shoot at the wrong time. Nowadays, some seem to abuse of their guns. The other day, my wife saw some cops hitting a Black guy and blood was running on the pavement near some kids. Sam Fuller, 1991.

Sam Fuller was quite well prepared to celebrate his 100th birthday but 15 years before reaching his goal, he breathed out, in 1997.
His daughter Samantha Fuller decided to make a documentary to celebrate his life for his virtual 100th, adapted from his award-winning autobiography, A Third Face. Set in the maverick film director’s office aka the Shack, actors, directors and writers take turn to read excerpts around their friend’s beloved Royal typewriter, massive collection of books, screenplays, treatments, war memorabilia, and the ever- present big fat cigar: James Franco, Jennifer Beals, Bill Duke, James Toback, Kelly Ward, Perry Lang, Robert Carradine, Mark Hamill, Joe Dante, Tim Roth, Wim Wenders, Monte Hellman, Buck Henry, Constance Towers, William Friedkin.

While looking around her father’s office, Samantha found some 16mm which are included in the documentary. The readings are “fragmented” with footages of Sam Fuller as a journalist; as a WWII front line film maker and some of his films he shot in the US and Europe.

About cinema, Fuller, the father, said it encompasses all forms of art, therefore it’s above art. He continued saying it is a formidable tool of pedagogy and stories can be told through anecdotes; messages can be understood without intellectualising thoughts. People can react to images. The only thing a camera can’t do is filming in a dark room.

A Fuller Life is about spending a moment with a man who was often misunderstood.

The documentary opens 15 May in UK


Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com


GIACOMETTI: PURE PRESENCE - 15 October 2015 -10 January 2016, at the National Portrait Gallery

Woman of Venice VIII by Alberto Giacometti, 1956; 
Kunsthaus Zurich, Alberto Giacometti-Stiftung 
© The Estate of Alberto Giacometti (Fondation Giacometti, Paris and ADAGP, Paris) 2015

I didn’t really look both sides and crossed the road rapidly. A car knocked me over, but nothing serious: I apologised for my “in the clouds” attention. The driver swore at me, I swore back and I ran off. Paris!
The object of my distraction was a book of Giacometti in a vitrine: Paris sans fin. The bookshop owner - who had met el maestro - asked if I was ok and I said I led a spicy life. He informed me that once Giacometti was also knocked over by a car in a Paris street and he would have said upon standing back up “At least something is happening in my life”.

As a teenager, I discovered Egon Schiele who “got me” attracted to exaggerations of human figures and the shadow sides of human beings:  somehow a precursor to Francis Bacon and Lucian Freud “unattractive” body shapes! Alberto Giacometti emaciated and slender bodies were in the continuity of Schiele’s body of work... I will have an opportunity to review his work in the autumn:

The first ever exhibition solely to consist of portraits by Alberto Giacometti is to open at the National Portrait Gallery this autumn, it was announced today, hours after a sculpture of the Swiss artist sold for millions of dollars at an auction in New York, making him the world’s most highly prized modern sculptor.

To mark the fiftieth anniversary of the artist’s death, Giacometti: Pure Presence (15 October 2015-10 January 2016) will comprise over 60 works, including paintings, sculptures and drawings, from the entire range of his career.

Including very rare loans from private collections and seldom-seen portraits, the exhibition will be the first to focus on the lesser-known double life of the Swiss twentieth century artist.

Most famous for his tall, thin, standing or walking figures, Alberto Giacometti (1901-66) is widely known as a leading modernist and surrealist sculptor working alongside Picasso, Miró and Ernst in Paris in the 1920s. Acknowledging the experimental and imaginative nature of his work, Giacometti claimed that, starting in 1925, for ten years ‘it was necessary to abandon the real.’

But the Gallery’s exhibition emphasises the portraits produced by the sculptor during this time as he steered a lesser-known, parallel artistic course at his family home in Switzerland. Beyond that, and covering the period 1914 to 1966, the exhibition reveals Giacometti’s life-long preoccupation with portraiture and ’copying appearance.’

Annette IV by Alberto Giacometti, 1962; 
Tate, London 2015 
© The Estate of Alberto Giacometti (Fondation Giacometti, Paris and ADAGP, Paris) 2015 

Giacometti: Pure Presence will focus on the intensity of his relationships with frequent sitters such as members of his close family; Isabel Nichol (who later became Francis Bacon’s muse Isabel Rawsthorne); and the prostitute Caroline, whom he met in 1960 and who sat for his portraits over the following five years.
Tracing Giacometti’s engagement with representing the figure, Giacometti: Pure Presence will display portraits of all his main models, including his wife Annette and his brother Diego, as well as such friends as the writers Louis Aragon and Jean Genet, the retailer and philanthropist Lord Sainsbury and the art writer James Lord. The exhibition will also feature a room of photographs documenting the artist’s life.

Highlights include his earliest portrait bust of his brother Diego created in 1914 when he was just 13 and his last bronze busts from 1965. These are displayed alongside an astonishing range of paintings and drawings which show Giacometti’s development from post-impressionist influences via cubism to expressionist portraits of figures in highly charged spaces, reminiscent of the ‘caged’ compositions of Francis Bacon.

Major sculptures on show range from a serene head of Isabel inspired by classical Egyptian portraiture to portraits of Diego and Annette: gnawed, dissolving heads and figures that became Giacometti’s trademarks. Such sculptures are frequently pared down to very small forms as though the viewer is observing the sitter from a long distance.

One of the artist’s most celebrated tall hieratic figures Woman of Venice VIII, stands at the centre of the exhibition, making a vital contact between Giacometti’s portraits and his famous sculptures evoking an anonymous human presence.

Giacometti: Pure Presence will be the first large-scale Giacometti exhibition to be held in the United Kingdom since those at the Tate in 1965 and at the Royal Academy in 1996, and will be the first to focus exclusively on Giacometti’s engagement with the human figure and the creation of images of an individual human presence based on particular models. The title of the exhibition derives from the existentialist writer Jean-Paul Sartre, who referred to Giacometti’s endeavour to give ‘sensible expression’ to ‘pure presence.’

Drawn from museums and private collections worldwide including Louisiana Museum of Modern Art, Tate,
Collection Fondation Giacometti, Paris, Alberto Giacometti Foundation, Zurich, Kunsthaus Zürich, Alberto Giacometti-Stiftung Fondation Beyeler, Riehen/Basel, Sainsbury Centre for Visual Arts, University of East Anglia, Kunstmuseum Winterthur, Staatsgalerie Stuttgart and the Museum of Modern Art, New York.

Paul Moorhouse, Curator of Giacometti: Pure Presence, says: ‘Giacometti is widely celebrated as one of the giants of modern art, but his almost continuous involvement with portraiture is less well known. In devoting individual rooms to his main models, the exhibition exposes the singular, obsessive and intense nature of Giacometti’s portraits. Repetition, variation, accretion and dissolution are revealed as vital elements in his extraordinary vision.

GIACOMETTI: PURE PRESENCE
15 October 2015 -10 January 2016, at the National Portrait Gallery, London www.npg.org.uk  Admission Charge

Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com


Tuesday, 12 May 2015

Turner Prize 2015 shortlist announced

Assemble Group Photo 2014
© Assemble

Tate Britain today announced the four artists who have been shortlisted for the Turner Prize 2015. This year the exhibition will be held at Tramway, Glasgow and it is the first time the Turner Prize has been held in Scotland. The artists are (in alphabetical order): Assemble, Bonnie Camplin, Janice Kerbel and Nicole Wermers.

Assemble
For projects including the ongoing collaboration with local residents and others in the Granby Four Streets, Liverpool. Assemble are a London-based collective who work across the fields of art, design and architecture to create projects in tandem with the communities who use and inhabit them. Their architectural spaces and environments promote direct action and embrace a DIY sensibility.

Bonnie Camplin
For The Military Industrial Complex, South London Gallery. Bonnie Camplin's practice, which she broadly describes as 'the Invented Life,' is characterised by the critique of existing power-structures, and spans the disciplines of drawing, film, performance, music and writing. The Military Industrial Complex took the form of a study room exploring what ‘consensus reality’ is and how it is formed, drawing from physics to philosophy, psychology, witchcraft, quantum theory and warfare.

Bonnie Camplin
The Military Industrial Complex, South London Gallery, 13 - 15 June 2015
Photography by Ollie Hammick
© the Artist Cabinet London and South London Gallery

Janice Kerbel
For her operatic work DOUG, commissioned by The Common Guild at Mitchell Library, Glasgow. Kerbel borrows from conventional modes of narrative in order to create elaborate imagined forms. Her precisely crafted works often take the form of audio recordings, performance and printed matter. DOUG is a performative work which takes the form of nine songs for six voices.


Janice Kerbel
DOUG 2014
Performed on 1 May 2015 in the Jeffrey Room, The Mitchell Theatre, Glasgow.
Commissioned by The Common Guild, Glasgow
Photographer Alan Dimmick
© greengrassi, London and Catriona Jeffries, Vancouver

Nicole Wermers
For her exhibition Infrastruckur, Herald Street, London. Nicole Wermers creates sculptures, collages and installations which explore the appropriation of art and design within consumer culture. Her installation Infrastruktur adopted the glossy aesthetics and materials of modernist design and high fashion, alluding to themes of lifestyle, class, consumption and control. 

Nicole Wermers
Infrastruktur 2015
Installation view
© Herald St, London

The Turner Prize award is £40,000 with £25,000 going to the winner and £5,000 each for the other shortlisted artists. The prize, established in 1984, is awarded to a British artist under fifty for an outstanding exhibition or other presentation of work in the twelve months preceding 17 April 2015. It is intended to promote public discussion of new developments in contemporary British art and is widely recognised as one of the most important and prestigious awards for the visual arts in Europe. Every other year, the prize leaves Tate Britain and is presented at a venue outside the capital.

An exhibition of work by the four shortlisted artists will be free and will run from 1 October 2015 until 17 January 2016 at Tramway, Glasgow. The winner will be announced at an award ceremony on Monday 7 December 2015.

The members of the Turner Prize 2015 jury are Alistair Hudson, Director, Middlesbrough Institute of Modern Art; Kyla McDonald, Artistic Director, Glasgow Sculpture Studios; Joanna Mytkowska, Director, Museum Sztuki Nowoczesnej; and Jan Verwoert, critic and curator. The jury is chaired by Penelope Curtis, Director, Tate Britain.


Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Wednesday, 6 May 2015

Chère Caroline Fourest (Eloge du Blaspheme – Editions Grasset)



Chère Caroline Fourest,

Dimanche 3 mai, j’ai visionné sur Youtube On N’est Pas Couché (#ONPC) où vous étiez invitée pour promouvoir votre livre Eloge du blasphème : I) Je n’ai pas de TV II) J’habite à l’étranger III) J’ai écris quelques billets Charlie Hebdo parce que #JeSuisCharlie IV) le blasphème et la satire en France m’intéressent.
Si je connais relativement bien Laurent Ruquier depuis son passage à France Inter, période pré-internet, je ne suis pas une accro de #ONPC : émission très bien, mais je passe plus de temps à me disputer avec les gens qu’à me faire des amis, alors parfois… j’aime le calme ! (Je préfère être dans la discorde plutôt que d’en être témoin).

Avant de passer à votre prestation cathodique, voici quelques dates « blasphématoires » :
-       - Dès le 8 janvier, la beaufitude intello de Londres se prononcent #JeNeSuisPasCharlie (voir mon billet général ici)

-      - Etant abasourdie par les ignominies ignares lues ici et là en Perfide Albion, je contacte Sylvain Bourmeau (France Culture, Mediapart, EHESS) le 10 janvier : il me semblait urgent de démystifier la liberté d’expression, le blasphème et la satire Made in France en lui proposant de travailler sur « … Charles Philippon, de la liberté d’expression des US genre hard-core, mais aussi et surtout des cartoonists du Moyen-Orient (j’ai vu récemment quelques dessins de cartoonists d’Iraq). L’évolution de la satire (en France) : des oppressés à cette soi-disant moquerie de ceux que la France stigmatisent et qui sont « faibles » ; reparler de la « beaufitude » originelle de Charlie… » pour Mediapart.

-       - N’étant pas une spécialiste de la satire etc, je passe la nuit à rechercher, puis je publie le 11 janvier un texte sur la satire / freedom of speech ici. Ce même jour, Olivier Tonneau de Mediapart s’adressait également aux Britanniques ici. En France, un rédac’ chef de L’Obs / Rue 89 m’a en quelque sorte félicitée, ailleurs aussi !

-       - Le 14 janvier, vous passez sur Sky News pour parler de Charlie Hebdo et en quelques minutes, vous réussissez à décrédibiliser le travail que nous, français vivant à l’étranger avions tenté de rectifier quant aux accusations Charlie Hebdo = islamophobe ! (je reviens plus bas sur votre performance).

-       - A partir du 15 janvier, les anti-Charlie se déchainent grâce à vous entre autre et publient les textes ou vidéos en anglais de Sine, Olivier Cyran etc.

-      - Le 19 janvier, malgré une  relation pénible avec les Inrocks, mon #JeSuisCharlie l’emporte et me permet d’écrire à Christophe Conte (collaborateur avec Coco sur le Billet dur) pour l’informer des textes cruels et traduits en anglais, circulant dans mon milieu musique – cinéma – art et lui envoie ces liens ici et ici en espérant une « contre-attaque ». Le 20 février, Les Inrocks mentionneront effectivement le carton internet de ces textes ici.

-      - Le 20 janvier, je propose à Laurent Leger de représenter Charlie Hebdo sur l’étranger. Je suis divisée entre le moment inopportun de ma demande et l’urgence de l’extravagance « oui, mais » des crétins !

-       - Fin janvier-début février, j’envoie un dossier par la poste au bureau de l’avocat Richard Malka (avocat de Charlie Hebdo, et le vôtre, je l’apprends récemment) où je lui propose : « Une présence plus digitale : website (en plusieurs langues ?) - réseaux sociaux ; Conseils médiatiques sur l’étranger : comment projeter l’image CH hors France ; Proposer une « explication » satire française / satire CH ; Faire des dossiers de presse pour CH : sur les « unes » ou sujets importants traités ; la laïcité, la liberté d’expression en France, la caricature etc… ; Faire des chassés croisés entre CH et la presse (satirique ?) étrangère ; Inviter des journalistes satiriques étrangers. Ex : Piero Quijano, un satiriste péruvien, très fan de CH et de Cabu ; Autres… »

-      - Début février, j’interview un caricaturiste Nord Américain sur son travail et au moment Charlie Hebdo, il me dit que les trois terroristes étaient des algériens dont les parents avaient souffert la guerre d’Algérie au début des 60’s. En lui envoyant des liens en anglais pour lui expliquer qui est qui de ces gens nés en France, il me dit que ses sources médiatiques étaient différentes et il accepte de changer sa version.

-      -  Le 12 février, j’envoie une série de questions à Charlie Hebdo dont : « Si vous décidiez de ne plus crayonner le prophète / la religion musulmane / de ne plus représenter cette communauté, pourrait-on (aussi) vous accuser d’être racistes puisque les musulmans ne feraient plus partie de vos dessins et vous ne représenteriez qu’une partie de la France ? ». Question à laquelle vous répondez à #ONPC !!

-      -  Le 12 mars, Patrick Pelloux demande à ses amis FB s’ils subissent des représailles parce qu’ils sont Charlie. Je décide de lui faire part de ce qui se passe sur Londres et rajoute : « Je voulais justement écrire un billet sur la difficulté d'être CH à Londres... j'ai tant à écrire sur d'autres sujets... Caroline Fourest ne nous a pas aidés avec son passage à SKY TV! Vraiment, pas cool, et je n'ai rien contre elle d'une façon générale. »

Je n’avais rien contre vous parce que je ne vous connais pas et ce ne sont pas vos détracteurs virulents qui vont m’influencer. Je dirais pareil pour Aymeric Caron.

Le 3 mai, je n’avais donc aucun apriori… une petite réticence peut-être… quand je me suis connectée #ONPC, je voulais savoir de quoi parlait votre bouquin Eloge du blasphème ! 47 minutes plus tard, je n’ai qu’une vague idée de l’Eloge

Pourtant, Léa Salamé a bien essayé de vous faire parler entre autre questions à propos de votre prestation Sky TV (ici). Je dirai même qu’elle a insisté, presque pour vous donner une chance de vous excuser ou du moins de reconnaitre que votre performance dans la boite britannique était totalement inappropriée : vous faisiez du forcing #FreedomOfSpeech alors qu’ici la culture diffère de la France. Sky TV vous avait informée au préalable qu’il ne fallait pas montrer la couv’ Charlie Hebdo ! Sky TV est connu pour ses censures dont voici un extrait Bob Geldof de nov 2014 ici. Donc, si vous vous improvisez porte-parole de Charlie Hebdo sur l’étranger, ayez au moins la décence de savoir à qui vous vous adressez ! Vous n’êtes pas seule ! Quand on vit sur un territoire, on nous demande aussi de nous expliquer sur Caroline Fourest
Si Sky ne vous avait pas informée, et qu’il était tard et que vous reveniez d’une TV chinoise, vous étiez parfaitement au courant qu’au Royaume-Uni, l’information Charlie Hebdo était traitée différemment et je ne comprends pas votre étonnement FB du 15 janvier : « SKY NEWS m'a coupé en direct pour avoir montré la couverture de Charlie Hebdo. Quelle offense... A l'intelligence. »

Si Charlie Hebdo fait ce genre de caricatures, c’est parce qu’en France, il y a des droits qui autorisent le blasphème et qui n’autorisent pas les religions ou les religieux à imposer leurs croyances ou leurs cultures sous prétexte d’offense. Alors quand vous dites ici que les journalistes au Royaume-Uni ont trahi ce que le journalisme se doit d’être et qu’il empêche les gens de grandir et de décider si un dessin est offensant… N’avez-vous pas l’impression d’imposer votre vue du journalisme, votre culture hors territoire français ?
Je suis pareillement choquée d’un tel traitement et je suis évidemment en faveur de montrer ce numéro vert du lendemain de l’attaque, mais si j’avais été à votre place, j’aurais respecté cette autre culture ! On ne peut pas coloniser un media ! De la même façon que Will Self et Martin Rowson (et tant d’autres) n’ont pas à donner de leçons aux français sur comment la satire doit être traitée (ici) !

Lorsque #ONPC vous montre l’extrait Sky News, vous dites : « Je ne peux pas renoncer à cette pédagogie, sinon je ne ferais pas ce métier ». Ne croyez-vous pas qu’il puisse y avoir plusieurs façons d’expliquer un sujet ?
Récemment, je voulais interviewer une librairie à Londres qui vend Charlie Hebdo. Ça m’ennuie beaucoup de ne pouvoir le faire, ni même de pouvoir mentionner là où j’achète CH. J’ai l’impression d’être clandestine. Je ne suis pas d’accord mais je respecte leur crainte !

Même s’il me semble que Aymeric Caron ait détourné le débat pour lequel vous étiez venue à #ONPC et qu’on peut se demander si un/e invité/e doit se justifier sur du hors sujet, je dois admettre être troublée lorsque vous affirmez avoir gagné votre procès alors que Richard Malka ne dit pas tout à fait ça (ici) : « Je confirme que ma cliente a toutes les raisons d’être sereine. Comme je l’en ai informée avant l’enregistrement de « On n’est pas couché », nous avons constaté que le délai n’ayant pas été interrompu par la partie adverse, l’action est prescrite. Ce que nous allons demander à la Cour de constater. »

Caroline Fourest, je ne sais pas à qui exactement s’adresse votre livre, mais si vous intervenez à la radio ou à la TV en France ou à l’étranger, prenez aussi en considération, les français d’ailleurs et les étrangers : on n’est pas toujours au courant des chamailleries entre collègues. Et puis Charlie Hebdo, c’est une affaire internationale aujourd’hui.

Sybille Castelain pour babylondonorbital@gmail.com