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Friday, 28 November 2014

Hockney – un documentaire sur David Hockney par Randall Wright – dans les salles: 28 novembre

A Bigger Splash
© David Hockney
Courtesy of PictureHouse

HOCKNEY
Mise en scène par Randall Wright
Genre : documentaire
Durée : 1h45mns
Cert: 15

English version, click here

Cher David Hockney,

Enfant, je passais beaucoup de temps dans les salles d’attente chez les docteurs français. Il y avait toujours A Bigger Splash qui pendait sur un mur en face de moi… me scrutant ! Je développais une forte antipathie et j’associais les médecins avec  vous, David Hockney. Et puis, je vous oubliais… ou plutôt, je vous ignorais. Les couleurs vives et les gens heureux ne m’intéressaient pas.

Plus tard, je m’installais à Londres et il était impossible de vous ignorer. Vous étiez l’enfant chéri absent de cette chère Angleterre. Ensuite, je suis partie vivre en Amérique Latine et là, j’ai pu vous oublier totalement. Là-bas, il n’y a pas autant d’expositions. C’est un luxe. Et puis, je suis revenue à Londres et je me suis sentie coupable d’exclure A Biggest Picture à la RA de mon agenda. Non pas que je me sois éprise de vous soudainement, mais de ce côté-ci du monde, c’est un privilège de voir les œuvres d’artistes comme vous.

Late Spring Tunnel
© David Hockney
Courtesy of PictureHouse

Lorsqu’on m’a invitée à voir Hockney de Randall Wright, j’étais impatiente : qu’est-ce qu’un artiste pour qui je n’avais aucune affection, pourrait m’apporter ? Ça fait partie des choses qui me font vibrer. Trouver ce qui motive les autres à faire ce qu’ils font.

Très rapidement, j’ai été happée par la juxtaposition de votre travail et de la vie contemporaine aux USA, par les films d’archive de Bradford, alors que L.O.V.E de Nat King Cole nous conduit (trop souvent peut-être) à travers le film.

A propos de vous, vous écriviez rapidement lors d’un déjeuner « têtu, malentendant, trop généreux, involontairement malpoli » Hockney n’est pas une enquête approfondie de la vie d’un homme, mais plutôt de quelqu’un qui transmet une certaine essence de son art et de l’homme qu’il est avec une finesse d’esprit relativement exquise.

Henry
© David Hockney
Courtesy of PictureHouse

Je savais que vous étiez une figure importante du monde de la Pop Art britannique des années 60 déjantées et que vous aviez étudié à la Royal College of Art  avec Allen Jones, Derek Boshier, Peter Phillips and Ron Kitaj. Ce documentaire confirme qu’effectivement vous vouliez rompre avec les conventions artistiques de l’époque tout en mettant l’accent sur les expérimentations et en maximisant le fun dans votre entourage. On y découvre ce moment « drôle » où vous racontez qu’ un passant londonien vous offrait un billet pour New York à 40 Livres Sterling. Vous etiez alors fils d'un prolétaire de Bradford. A 77 ans, vous semblez encore tout étonné que ça ne coutait pas 1000 Livres. Et vous y êtes parti.

C’est le mot « claustrophobie » qui m’a fait cliquer. Votre sœur Margaret mentionne cet état d’espace restreint dans la petite maison de vos parents où vous avez grandi avec votre sœur et vos trois frères. Cette recherche d’espace apporte un indice précieux quant à votre travail : des espaces amples et « vides » ou alors remplis de branches. Votre toile Play Within a Play (1963) décrit parfaitement ce malaise de l’oppression. La feuille de verre collée au sujet qui est lui-même adossé contre une tapisserie, en hommage au grand maitre de la collection NPG.

David's first car
Courtesy of PictureHouse

Quant à votre utilisation des couleurs vives, peut-être sont elles une réponse à la grisaille des rues et son épais brouillard de votre enfance bradfordienne ? (J’ai lu aussi que vous étiez né avec une forme de synesthésie). Les sujets qui semblent vous animer tout au long de ce documentaire sont la nature, votre émancipation gay, le droit à fumer dans les lieux publics, vos heures de conduite en voiture ou à bicyclette au travers de la Californie et du Grand Canyon.
Votre racontez qu’enfant, vous alliez voir des films en salle de projection – pas au cinéma, pas au cinoche – mais en salle de projection et que cet écran cinématographique s’étendait de façon infinie dans l’espace et qu’en le quittant, votre imagination continuait de galoper.

Il y a quelque chose de délicieusement contagieux dans votre manière de raconter ou d’expliquer, même quand vous dîtes « la photographie n’a pas la même force que la peinture ou le dessin ». Vous défendez votre point de vue en main de maître en y démontrant les différences et en vous référant à Rembrandt tout en y invoquant l’illusion de l’espace et la réalité du temps. Si vous m’invitez au bord de votre piscine à L.A, votre lieu de résidence, nous pourrions gentiment nous disputer. En attendant cette invitation, je vous propose de regarder la photo de Luc Delahaye intitulée Ambush Ramadi (en ce moment à la Tate Modern). On y sent ce moment du point disparaissant, ce même point de référence qui vous habite et habite vos œuvres, cette fraction de seconde : le point qui disparait, les gens qui disparaissent, Peter disparaissant, votre ouïe qui s’évanouit…

David Hockney and Peter Schlesinger
Courtesy of PictureHouse

Parmi ces moments pertinents et inspirants des conversations sur vous et votre art, vous revenez à A Bigger Splash en insistant qu’il vous aura fallu sept jours pour finaliser l’éclaboussure de la peinture. Ce sont ces anecdotes, les vôtres ou celles rapportées par vos amis et votre famille qui rendent compte de votre ténacité et de la transmission que vous « infligez » dans ces multiples façons de regarder.

« Quand vous êtes jeune, vous trouvez soudainement cette liberté merveilleuse. C’est très exaltant et vous êtes prêt à tout ». Je vais être en accord, Monsieur Hockney, avec votre vieil ami de Bradford et ami artiste David Oxtoby que vous êtes encore à la recherche… et toujours libre.

Et puis, je suis sortie de la salle de projection avec un immense sourire. Suis montée à bord du bus, en haut au premier rang avec ce même immense sourire. La femme à côté m’a sourie et j’ai dit que je vous avais vu dans la salle de projection. Le jeune homme derrière a demandé tout excité s’il y avait un film sur David Hockney. Il venait d’atterrir à Londres. Il veut être peintre.



Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Thursday, 27 November 2014

Hockney – a documentary on David Hockney by Randall Wright – opening in cinemas 28 November

A Bigger Splash
© David Hockney
Courtesy of PicturesHouse

HOCKNEY
Directed by Randall Wright
Genre: documentary
Running time: 1h45mns
Cert: 15
Year: 2014

Version française, cliquez ici

Dear David Hockney,

When I was a child, I spent my time in French doctor’s waiting rooms. There was always A Bigger Splash hanging on the wall opposite my chair... scrutinising me. I grew a serious antipathy, associating doctors with you, David Hockney. Then, I forgot about you... rather, I ignored you. Bright colors and happy people did not interest me much.
Then, I came to London and it was hard to ignore you. You were the absent “enfant chéri”. Then, I lived in Latin America and I totally forgot about you. There, there aren’t so many exhibitions. It’s a luxury. Then, I came back to London and I felt guilty to dismiss the RA’s A Biggest Picture. Not that I suddenly fell for you, but in this side of the world, it’s actually a privilege to see artists like you.

Beverly Hills Housewife
© David Hockney
Courtesy of PictureHouse

So, when I was invited to watch Randall WrightHockney, I got quite excited: what am I going to get from an artist I have no connection with? That’s what excites me in life. Searching what motivates others to do what they do.

Sort of straight away, I got lured into the juxtaposition of your work and contemporary life in US, vintage footage (at a later stage) of Bradford, while Nat King ColeL.O.V.E is often driving the notes through the pictures.
Of who you are, you wrote once “Stubborn, hard of hearing, generous to a fault, emotional, unintentionally rude”. Hockney is not a survey of somebody’s life detailed meticulously, but of a man who can transmit an essence of his art and his personality in an exquisite witty manner.

Mr and Mrs Clark and Percy
© David Hockney
Courtesy of PictureHouse

I knew you were a key figure in British Pop art in the swinging 60’s from the Royal College of Art, London, where you studied alongside artists like Allen Jones, Derek Boshier, Peter Phillips and Ron Kitaj amongst others. The documentary confirms that you were all in there to break conventions and into experimenting with a huge amount of fun. There is that “hilarious” moment when, as a working class son from Bradford, you realise you can go to New York for £40 from a London passer-by. Even, as you said it, aged 77 in the film, you still seem amazed it didn’t cost £1000. And off you went.

Self Portrait Karlsbad
© David Hockney
Courtesy of PictureHouse

When your sister Margaret mentions “claustrophobia”, I clicked. She says it in your parent’s tiny house where you were brought up with your four siblings. Your search for space becomes an obvious hint in your work, whether wide and “empty” or through the abundance of your branches. Your canvas Play Within a Play (1963) is quite a good description of your discomfort with oppression: the sheet of glass pressed against the sitter while leaning against a tapestry, in reference to a master painter at NPG.
Perhaps your bright colors are a response to the foggy and dark streets of your youth (I also read you were born with synaesthesia). All along you keep talking about openness of nature, being gay, smoking, driving (or cycling) for hours around California, the Grand Canyon.  Your sense of space comes also from going to the pictures as a child – not the cinema, not to the movie – but the pictures, and being immersed in a screen that spread for miles, and then leaving it, your imagination kept running.

Bradford, 1962
© David Hockney
Courtesy of PictureHouse

There is something deliciously infectious in the way you tell all those tales, even when you say “photography doesn’t have a life the way painting or drawing has”. Although, I perfectly understand your view and you masterfully lecture about the differences and compare it with the way Rembrandt painted, emphasising on the illusion of space against the reality of time. I could argue with you around your swimming pool, but while I wait to discuss it further in L.A where you have definitely settled, I would suggest to take a look at Luc DelahayeAmbush Ramadi (now at Tate Modern), some sort of vanishing point that you mention often: vanishing point, vanishing people, vanishing Peter, vanishing hearing...

David Hockney and Peter Schlesinger
Courtesy of PictureHouse

Among the many insightful and inspirational moments of art and your self, you describe how it took you seven days to actually paint the splash of A Bigger Splash.
An admirable lesson of tenacity and transmission in ways of looking...

When you are young, you suddenly find this marvellous freedom. It’s very exciting and you are prepared to do anything”. I will agree, Mister Hockney, with your old friend in Bradford and fellow artist David Oxtoby that you are still searching... and still free.

Then I left the pictures with a grin. Boarded the bus, top deck front row, with a grin. The woman next to me grinned back and I said I watched you at the pictures. The young man behind said excitingly “There is a film about David Hockney?” He has just landed in London. He wants to be a painter.



Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Monday, 24 November 2014

Anselm Kiefer à la Royal Academy of Arts, London W1

Anselm Kiefer
Nothung, 1973
Charcoal and oil on burlap with inserted charcoal drawing on cardboard,
300.5 x 435.5 x 4 cm
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam
Photo Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.
Photography: Studio Tromp, Rotterdam /
© Anselm Kiefer


English version, click here

A la chute du 3ème Reich, Anselm Kiefer naissait.
Ma toute première immersion dans le monde de Kiefer se trouve être à la Royal Academie des Arts (RA), très récemment. Je connaissais son travail à partir de quelques livres, mais n’étant pas une aficionada de la peinture, je ne m’étais jamais dérangée à affronter ses œuvres en taille réelle. Une chance, puisque la RA offre la première rétrospective importante sur le sol anglais.

Dès mon entrée dans la galerie, je suis plusieurs fois confrontée par le salut Nazi, plus exactement celui « dédicacé » à Jean Genet. La pièce est remplie de livres, ces gardiens de la connaissance, tant importants pour Kiefer.

Né sur le Rhin Allemand d’une famille catholique près de la Forêt Noire, Anselm Kiefer et ses copains d’école ont grandi dans l’absence de la mémoire collective du passé proche allemand. Un héritage en déni que Kiefer va s’approprier et en « rejouer » les scènes ou ses conséquences. Ses premières œuvres à la fin des années 60 désorienteront le public et la critique : elles seront interprétées comme un signe de compassion du régime Nazi.

Comme le dessinateur de BD Dieter Comes, son contemporain Belge, Anselm Kiefer navigue dans l' histoire des Guerres Mondiales en favorisant les traits sombres et le temps cyclique plutôt que linéaire. Les deux artistes convoitent à la fois la spiritualité et l’histoire humaine. Alors que Comes privilégie les légendes, la sorcellerie, les nains et le shamanisme, Kiefer tente de donner un sens, de façon plus conflictuelle, sur notre passage sur terre à travers le Céleste et les rituels dont il explore les mythes de cultures différentes. Comes et Kiefer flirtent avec les fantômes… leurs propres mémoires hantées « re-fabriquées ».

Le théâtre de la beauté et de l’horreur de Kiefer risque de contusionner votre esprit alors qu’il lacère ses toiles contre l’amnésie ; ses gestes ne sombrent pas dans le plaisir ou l’ironie.
Nous plongeons dans quelque grenier presque pittoresque avec sa Série Grenier (1971-1973) tels des rats de laboratoires… est-ce l’origine de la vie ? L’origine de l’histoire ? L’origine d’une histoire ? En cheminant l’exposition (sans nom par ailleurs), la pièce 11 (sur 12 pièces) propose une réponse résonante et étrange de sa propre interprétation de L’Origine du Monde ; une toile en acrylique, un véritable piège rouillé à renard au milieu, entouré de pierres volcaniques.

Des greniers, Kiefer s’ouvre à un soi-disant « air frais », un paysage dont la noirceur de la terre et de la forêt ont accouché du nationalisme allemand, une sorte de No Man’s Land. Ways of Wordly Wisdom évoque Arminius, aussi connu sous le nom d’Hermann, qui avait résisté aux Romains. Les Nazis avaient utilisé l’image d’Arminius qui célébrait le culte du héro que le peuple allemand devait vénérer.

Anselm Kiefer
Osiris and Isis (Osiris und Isis), 1985-87
Oil and acrylic emulsion with additional three-dimensional media
381 x 560.07 x 16.51 cm
San Francisco Museum of Modern Art.
Purchase through a gift of Jean Stein by exchange, the Mrs. Paul L. Wattis Fund, 
and the Doris and Donald Fisher Fund
Photo San Francisco Museum of Modern Art /
© Anselm Kiefer

La plupart des peintures puisent dans les symboles des cultures ancestrales : l’univers est un immense four alchimique qui procède à la destruction et à la création ; le tournesol représente la naissance – la mort – la renaissance ; les points de rencontre entre les Cieux et la Terre des pyramides d’Egypte ; les proportions divines… tout en rassemblant ses inspirations qui passent par le poète Paul Celan, ou les artistes van Gogh et Warhol.

En atteignant la fin du parcours (du combattant), ses dernières œuvres rappellent les livres de la première pièce. Une pièce de livres (quelques uns en métal) érotiques en référence à Rodin. Pourtant, de ses derniers travaux, c’est Ages of the World (2014) qui se révèle être la pièce maitresse de l’exposition : une installation sur l’échéance géologique. Elle est à la fois totem et bûcher funéraire. Les toiles sont empilées les unes sur les autres en tailles décroissantes en s’élevant vers le cosmos, avec des tournesols brulés, des détritus, de la poussière, des pierres et un énorme morceau de glaise… peut-être matérialisant le cerveau.

Anselm Kiefer
Ages of the World, 2014
uses the artist’s unfinished canvases.
Photograph: Howard Sooley/Royal Academy of Arts
© Anselm Kiefer

Comme dit Nick Cave dans le récent film 20000 Jours sur Terre « La mémoire est ce que nous sommes. Votre esprit et votre raison fait de vous un être vivant ligoté par la mémoire. » Plus que l’histoire, c’est précisément la mémoire qui anime le travail « compulsif » de Anselm Kiefer… qui s’étend sur plus de quatre décennies. Il redonne ses lettres de noblesse à la matière impalpable, nous permettant de nous libérer de nos propres démons… une expérience immersive immanquable provoquant un coup viscéral !


Royal Academy of Arts, Burlington House, Piccadilly, London W1J 0BD
Ouvert jusqu’au 14 décembre 2014
10h00 – 18h00 tous les jours (dernière admission 17h30)
Soirée tardive : les vendredis jusqu’a 22h00 (dernière admission 21h30)
Prix = £14
www.royalacademy.org.uk – pour les reservations de groupes de plus de 10 = Telephone 020 7300 8027 or email groupbookings@royalacademy.org.uk


Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com


Anselm Kiefer @ Royal Academy of Arts, London W1

Anselm Kiefer
Nothung, 1973
Charcoal and oil on burlap with inserted charcoal drawing on cardboard,
300.5 x 435.5 x 4 cm
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam
Photo Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.
Photography: Studio Tromp, Rotterdam /
© Anselm Kiefer

Version Française, cliquez ici

As the Third Reich fell, Anselm Kiefer was born.
My very first immersion into the world of Kiefer at the Royal Academy Of Arts happened recently. I knew his work from books, but as a non-painting aficionada, I never faced his œuvres in real scale. I am in luck as it is his first major retrospective in UK.

Upon entering the gallery, the Nazi salute struck me a few times, most notably his “dédicace” to Jean Genet. The room is filled with books, these very guardians of knowledge.

Born on the German Rhine into a catholic family in the Black Forest region, Anselm Kiefer and his fellow students grew up with a collective absence of Germany recent past memory. A heritage in denial that Kiefer re-enacted from his early works, leaving his audience and critics confused as they thought he had sympathy for Germany past regime. 

Like comic book artist Dieter Comes, his Belgian contemporary, Anselm Kiefer navigates in a cyclical and sombre view of World Wars history. Both dealing with spirituality and the weight of human history. When Comes calls on legends, sorcerers, dwarves and shamanism, Kiefer tries to make sense, in a more confrontational way, of our passage through life via the Celeste and rituals, exploring different cultural myths. Both artists bring back ghosts... their own individual haunting “fabricated” memories.

Kiefer’s theatre of beauty and horror might bruise your mind as he lacerates his canvases off amnesia; his gesture is not for pure pleasure. We first plunge in the attic with his Attic Series (1971-1973) as if prisoners in a rat laboratory... the origin of life? The origin of history? The origin of a story?
Strangely enough, a sort of answer resonates in room 11 (out of 12 rooms) with his own interpretation of L’Origine du Monde: an acrylic canvas with a rusty fox trap trapped in the middle surrounded with volcanic stones.

Anselm Kiefer
Osiris and Isis (Osiris und Isis), 1985-87
Oil and acrylic emulsion with additional three-dimensional media
381 x 560.07 x 16.51 cm
San Francisco Museum of Modern Art.
Purchase through a gift of Jean Stein by exchange, the Mrs. Paul L. Wattis Fund, 
and the Doris and Donald Fisher Fund
Photo San Francisco Museum of Modern Art /
© Anselm Kiefer

As we move forward, Kiefer opens up to some pseudo-“fresh air”, landscape, the noirceur of earth and forest within the birth place of German nationalism, a semi-no man’s land. Ways of Wordly Wisdom is a reminiscent of Arminius aka Hermann who resisted the Romans. The Nazis used Arminius as a prototype for their cult of heroes of the German people.

Most paintings reflect to symbols taken across a shade of cultures: the universe is an immense alchemical oven as process to destruction vs creation; the sunflower as birth-death-rebirth; the meeting points between Heaven and Earth from Egyptian pyramids; the divine proportions... collecting his inspiration from poets like Paul Celan or artists like van Gogh and Warhol.

Arriving towards the end of the exhibition (also his latest works), we are back into a room filled with books (some in metal/lead), erotic books in reference to Rodin. However, in regard of his latest works, it is Ages of the World (2014) that “steals” the show: a geological time frame installation that is part totem, part funeral pyre. Canvasses are piled up in decreasing sizes when reaching the cosmos with burnt sunflowers, detritus, dust, stones and a huge clay perhaps materialising a brain.

Anselm Kiefer 
Ages of the World, 2014 
uses the artist’s unfinished canvases. 
Photograph: Howard Sooley/Royal Academy of Arts
© Anselm Kiefer

As Nick Cave says in his recent film 20000 Days On EarthMemory is what we are. Your very soul and your very reason to be alive are tied up in memory.” More than history, it is precisely memory that animates Anselm Kiefer in his “compulsive” work, spreading over four decades. He gives back the letters of noblesse to an un-palpable material enabling us to liberate ourselves from our own demons... an un-missable experience triggering a visceral blow.

Royal Academy of Arts, Burlington House, Piccadilly, London W1J 0BD
Open to Sunday 14 December 2014
10am – 6pm daily (last admission 5.30pm)
Late night opening: Fridays until 10pm (last admission 9.30pm)
Admission
£14 full price; concessions available; children under 16 free; Friends of the RA go free.
Tickets
Tickets for Anselm Kiefer are available daily at the RA or visit www.royalacademy.org.uk
Group bookings: Groups of 10+ are asked to book in advance. Telephone 020 7300 8027 or email groupbookings@royalacademy.org.uk


BSL event: 28 Nov - Art historian Françoise Durrance will lead this slide assisted talk, bringing an insight to Anselm Kiefer’s art work and context to his current exhibition. The talk will be accompanied by speech to text transcription courtesy of Stagetext and BSL interpretation will be provided = http://www.royalacademy.org.uk/event/stagetext-anselm-kiefer

Friday 28 November 2014 - 6.30 — 7.30pm

Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Thursday, 20 November 2014

Winter Sleep by Palme d’Or winner Nuri Bilge Ceylan. Film out 21 November in UK



Courtesy of New Wave Films
Original title: Kış Uykusu
English title: Winter Sleep
Director: Nuri Bilge Ceylan
With: Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Demet Akbağ, Ayberk Pekcan, Serhat Kılıç, Nejat İşler, Tamer Levent, Nadir Sarıbacak, Mehmet Ali Nuroğlu, Emirhan Doruktutan
Color   
Running time: 196 min
Original Film Language: Turkish
Countries of production: Turkey - France - Germany
Date of Production: 2014
Certificate 15

Version Française à venir
Palme d’Or
Festival de Cannes 2014

From the stratosphere, Turkey looks like the world hyphen, a staple between Western, Asia and Middle East cultures.
Nuri Bilge Ceylan’s Winter Sleep is precisely a cultural junction, a static travelogue, a Chekhov-Shakespearian theatre.

© Nuri Bilge Ceylan

Shot in the troglodyte cliffs of Cappadocia, the land of fine and wild horses, the Othello hotel is somehow a reminder of both Victor Delfin’ rock-built cliff hotel in Barranco, Peru, and Pierre Cardin’s bubble’s house in Côte d’Azur. Only that, its Anatolian location, in remote highland settings, seems at times coming out of a L.S Lowry canvas.

Nuri Bilge Ceylan films are known for their minimalist dialogues, giving space for silent dynamics and tensed emotions. Winter Sleep is however not only a highly refine, exquisite and cringy discourse between the main protagonist and people around him, it is also injected with some edgy humour.

© Nuri Bilge Ceylan

Aydin (Haluk Bilginer) is an ex-semi famous theatre actor turned landlord of the Othello hotel and other properties around. He also writes a column for a local paper. On his way to collect money from his tenants, a boy throws a stone on the car window which will trigger the whole film narrative as well as Aydin coming face to face with himself. Meanwhile, his younger wife Nihal (Melisa Sözen), a charitable Madame Bovary, seems to be living in her husband shadow. Necla (Demet Akbağ) is more confrontational towards her conceited brother, while bringing philosophical questions about forgiveness... Tempered with a glimpse of a Persian Easy Rider, some Japanese tourists, a local farmer, a teacher...

© Nuri Bilge Ceylan

Each room – bubble – act is carefully filled with roman or Egyptian vestiges, CamusCaligula or Kleopatra’s posters, period lamps and ancient furniture and carpets that witness its people sharply chopped study characters and their vitriolic tirades or the violence of their silence: “Poverty is like a disease”; “Islam is a religion of high culture”; “... not resisting evil...”; Ishtar...

Although Aydin appears as the ogre of this quiet rocky mountain village, each human electron has a chance to respond in this passive aggressive table tennis game. Necla, despite her seemingly vulnerability, will manage to destabilise her husband.
In a drinking night with profound and yet hilarious talk with guests, Aydan will answer to a Shakespearian diatribe on consciousness with “I make plans all day and I spend the day fooling them”. While elsewhere in town, his wife, in an unreal surrealistic scene, will reveal her misunderstanding on her charity work.

© Nuri Bilge Ceylan

Like a myth, Aydin has been destroyed by his entourage. He is free from his internal trip, now re-birthing from his own ashes begging silently forgiveness to Necla. A proud man wrapped up in a thick shell, mirroring somehow a Jacques Brel song asking to let him become the shadow of her shadow... the shadow of her dog.

Within an eroded human landscape, Nuri Bilge Ceylan has deliciously unknotted the complex meanders of thoughts, inviting the viewer to reflect on its own psycho – path. Winter Sleep is a sublime audio visual tale where forgiveness is a hyphen between diasporas and faith.

© Nuri Bilge Ceylan



Nuri Bilge Ceylan wesite: http://www.nuribilgeceylan.com/


Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Monday, 17 November 2014

In the Family, a film by Patrick Wang – out in 19 Nov 2014 in France



Version française, cliquez ici

In the Family
Director: Patrick Wang
Starring: Eugene Brell, Sebastian Brodziak, Elaine Bromka, Eisa Davis, Peter Hermann, Susan Kellermann, Kelly McAndrew, Brian Murray, Park Overall, Trevor St. John, Patrick Wang, Zoe Winters
Genre: Drama
Length: 2h50


Who are You? Asks Grayson Perry at his National Portrait Gallery exhibition in London, a sort of Where is Wally’ treasure hunt. Spot #5 is a vase called Modern Family: “Jack & John have adopted Shea... a very contemporary version of the family. Because they are not a typical nuclear family, Jack and John are consequently very aware of the process of good parenting... they teach us an important lesson: we shouldn’t take it for granted that we naturally know how to love and raise a child well, it needs thought and practice to get it right.



Chip Hines, a six year old boy, has only known life with his two dads, Cody and Joey in the town of Martin, Tennessee. (His mother died when he was a baby and Joey, a friend of the family often visited Cody to support him without seducing him.) The story starts soon after Cody’s death in a car accident. Joey and Chip carry on their daily life they had started. However, Cody’s sister brings back a will that he had written before his wife died revealing her as Chip's guardian. Chip disappears from Joey’s life! The law is not on his side, lawyers are rather discouraging.



A long 95 minutes is needed to settle in a persisting austere climate, whether it being architectural or emotional. No or little close-ups, but all interiors and exteriors scenes are narrowly framed. So much so, that it is a slightly bearable suffocation that animates our minds: Joey’s non dramatic fatality is rather irritating... his way of “resigning” makes it cringe.

“... Joey, you have just found a lawyer” declares his retired “employer”! From that moment, Patrick Wang’s In The Family opens like a seaside fresh air. Not as if an American magic wand had declared a good end to the film, but we are entering a dialogue exchange. We are no longer constricted into mutism or angry monologue but words, however heavy, will relieve the burdened passivity of the protagonist. A sense of life in a cul-de-sac situation.



I could be harmful and caused some trouble...” says calmly Joey.

Of Asian background, Joey saw his family die and found shelter in an orphan until a foster family welcomed him. It is precisely his past that they will attempt to assassinate once more through this crucial meeting between his in-laws and their lawyer. Joey doesn’t actually defend himself against any sort of accusations à la Kramer vs Kramer but shows his strength as a father who wants his son back despite any potential mistakes. 



In The Family doesn’t pretend to revolutionise the world or disrupt any taboos but despite our sexual orientations, we, men or women have to learn how to love or/and educate a child. This first opus from Patrick Wang is a drama without tragedy as if he were the spiritual son of Abbas Kiarostami and John Cassavetes.






Out in France 19 November 2014.

Sybille Castelain pour babylondonorbital@gmail.com


In the Family de Patrick Wang – Un film Ed Distribution – sortie en France le 19 novembre 2014

English version, click here

In the Family
Mise en scène : Patrick Wang
Acteurs : Eugene Brell, Sebastian Brodziak, Elaine Bromka, Eisa Davis, Peter Hermann, Susan Kellermann, Kelly McAndrew, Brian Murray, Park Overall, Trevor St. John, Patrick Wang, Zoe Winters
Genre : Drame
Durée : 2h50


Who are You? (Qui êtes-vous ?) demande Grayson Perry pour son exposition à la National Portrait Gallery à Londres. Dans cette chasse au trésor, se cache la poterie n°5 « Modern Family » : un couple d’hommes ont adopté un enfant. Une version contemporaine de la famille nous est proposée sans qu’elle soit une famille nucléaire typique. Jack et John nous enseignent une leçon importante : personne ne sait bien aimer ou bien éduquer un enfant de façon naturelle. Il faut beaucoup y penser et la pratique nous permet de corriger nos erreurs parentales.



Chip Hines, un garçon de six ans, ne connaît que la vie avec ses deux papas, Cody et Joey à Martin, dans le Tennessee. (Sa maman meurt peu de temps après sa naissance. Joey, ami de la famille, apporte un soutien régulier à Cody sans pour autant le séduire.)
Lorsque Cody meurt, Joey et Chip surmontent le quotidien en continuant la vie qu’ils avaient à trois. La sœur de Cody ressort un vieux testament datant de la naissance de Chip qui la désigne comme tutrice de l'enfant… Chip disparait de la vie de Joey !

La loi n’est pas de son côté, les avocats sont clairement dissuasifs.

Il faut une bonne heure et demie pour que tout s’établisse dans une austérité, architecturale et émotionnelle, persistante. Pas ou peu de close-up, mais des cadres intérieurs et extérieurs toujours très restreints. Une suffocation permanente mais supportable, même si Joey énerve par sa fatalité non dramatique… son laisser-faire.



« … Joey, vous venez de trouver un avocat » dit son « employeur » à la retraite ! Cette phrase arrive au moment où on veut décrocher, comme une bouffée d’air. Il ne s’agit pas d’un coup de baguette magique à l’américaine ou tout est bien qui finit bien. Les dialogues qui vont désormais s’installer, cette passivité lourde va enfin prendre un sens et donner vie à une situation en cul-de-sac.

« Je pourrais me mettre en rogne et causer des ennuis… » Dit Joey calmement… sereinement.
Issu d’une famille asiatique, Joey a vu sa famille mourir et s’est retrouvé en orphelinat puis en famille d’accueil. C’est son passé qu’on va tenter d’assassiner lors de cet entretien décisif entre sa belle-sœur, son beau-frère et leur avocat. Joey est juste un être humain qui aime son fils et le veut à ses cotés malgré ses erreurs d’homme.



In The Family de Patrick Wang n’a pas pour vocation de révolutionner le monde, de bousculer les tabous, mais de nous rendre compte qu’avant d’être un homme ou une femme, nous sommes des gens capables d’apprendre à aimer ou à éduquer un enfant peu importe notre orientation sexuelle.

Un premier film dramatique sans tragédie pour Patrick Wang qui semble être le fils spirituel d’Abbas Kiarostami et John Cassavetes.

Bande annonce = http://vimeo.com/106393332



Sortie en salles en France le 19 novembre 2014.


Sybille Castelain pour babylondonorbital@gmail.com

Tuesday, 11 November 2014

Tower Bridge révèle son sol en verre…




English version, click here

Le pont le plus iconique du monde se refait une chirurgie plastique ou plus exactement, une chirurgie en verre.

Dans la genèse des ponts de Londres, le London Bridge a été le premier a relié la Tamise avant la période Romaine. Pourtant, sa construction la plus élaborée date du XII siècle. D’autres ponts avaient depuis prospéré alors que la population grandissait à Londres. C’est au XIX siècle que les quartiers de l’est de Londres se sont épanoui. Il y avait urgence de construire un pont pour faciliter la traversée pour les piétons et les véhicules…

… après huit années de grossesse, la Tamise, pendant l’époque Victorienne a finalement accouché d’un nouveau pont et l’a baptisé Tower Bridge… il y a maintenant 120 ans !
Pendant cette période de gestation, deux colonnes massives, contenant 70000 tonnes de béton ont été plongées sur le lit de la rivière pour soutenir la construction alors que 11000 tonnes d’acier fournissaient la charpente des tours et des passages. Horace Jones, l’architecte de la cité qui avait dessiné les plans de la Tower Bridge mourait peu de temps après le commencement de la construction du pont aux tours jumelles en 1887. En reprenant les plans, George D. Stevenson y esquissait quelques changements, notamment celui d’y ajouter un style plus Gothique Victorien. A cette époque, le coût total de la construction s’élevait à £1,184,000 (l’équivalent à £118 million en 2014). La Tour ouvrait ses portes le 30 juin 1894.
Les critiques étaient très sévères quant à l’esthétique : « ce pont représente le vice de la vulgarité et de la prétention… » écrivait H. H. Statham, et Frank Brangwyn renchérissait « une structure absurde… pour une rivière stratégique » - Notre Centre Pompidou à Paris a lui aussi connu les critiques féroces en 1977 lorsqu’il s’est ouvert en plein cœur de Paris « Notre Dame de la Tuyauterie » ; « le Pompidolium » ; « le dépôt d’art » ; « la raffinerie d’huile » ; « la verrue avant-garde » etc…

En 1977, la Tower Bridge changeait de ton : sa couleur bleu-vert passait au bleu mondialement connu aujourd’hui, pour célébrer le 25ème anniversaire de règne de la Reine Elizabeth II.

Et donc, quelle est la chirurgie ? On peut aujourd’hui marcher sur du verre transparent à 42 mètres au-dessus de la Tamise. Et si vous souffrez d’acrophobie, il vous reste tout de même l’opportunité de marcher au niveau de la mer.




Twitter: @TowerBridge

Tower Bridge Exhibition Heures d’ouverture :
Eté : Avril - Septembre 10h00 – 17h30 (dernière admission)
Hiver : Octobre - Mars 09h30 – 17h00 (dernière admission)
Voir les tarifs sur leur site web (lien au dessus)

Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com


Tower Bridge Unveils World First for Visitors With Opening of New Glass Floor across its High-Level Walkways


Version française, cliquez ici

The most iconic bridge in the world is getting a plastic surgery or more appropriately a glass surgery.

In the genesis of London bridges, London Bridge was the first crossing over the Thames before Roman times. Its more serious construction happened in the XII century though. Other bridges flourished as the London population grew. By the XIX century, the east end became a thriving populated port and it was necessary to facilitate a crossing for pedestrian and vehicles...

... after eight years of pregnancy, the Thames, under Victorian times finally gave birth to a new bridge and christened it the Tower Bridge... 120 years ago!
Over this gestational time, two massive piers, containing over 70,000 tons of concrete were sunk into the riverbed to support the construction while over 11,000 tons of steel provided the framework for the towers and walkways. Horace Jones, the City Architect who proposed Tower Bridge plans died soon after the start of building the “twin tower” bridge in 1887. When George D. Stevenson took over, he changed the plan for a more ornate Victorian Gothic style. At the time, the total cost of construction was £1,184,000 (equivalent to £118 million in 2014). It officially opened on 30 June 1894.
Critics were severe over its aesthetics - “It represents the vice of tawdriness and pretentiousness, and of falsification of the actual facts of the structure", wrote H. H. Statham, while Frank Brangwyn stated that "A more absurd structure than the Tower Bridge was never thrown across a strategic river" – oh well, Le Centre Pompidou in Paris had its own ferocious critics in 1977 when it opened in the heart of Paris: “Notre-Dame Of Pipework”; “the Pompidolium”; “the art depot”; “an oil refinery”; “an avant-garde verruca” and so on.

In 1977, Tower Bridge changed its mid greenish-blue colour into its present worldwide recognisable blue (and a bit of red and white) for Queen Elizabeth II's silver jubilee.

Tower Bridge is 800 feet (244 m) in length with two towers each 213 feet (65 m) high, built on piers. The central span of 200 feet (61 m) between the towers is split into two equal bascules or leaves, which can be raised to an angle of 86 degrees to allow river traffic to pass. The bascules, weighing over 1,000 tons each, are counterbalanced to minimise the force required and allow raising in five minutes. The bascules are raised around 1000 times a year. Today, 24 hours' notice is required before opening the bridge, and opening times are published in advance on the bridge's website.

So, what’s the surgery? Tower Bridge Exhibition, one of London’s most iconic attractions, today unveils a world first for its visitors with the opening of new glass floor across its high-level Walkways, 42 metres above the Thames; New glass floor panels along Tower Bridge Exhibition’s high-level Walkways will each measure 11 metres long and 1.8 metres wide; The new floor across each Walkway will consist of six glass panels, each weighing approximately 530 kgs each, supported by a carbon steel framework weighing approximately 1,000 kilograms. The Walkways original steel lattice structure has been preserved under the glass.
Now, if you suffer from acrophobia, you may still cross the bridge from sea level.




Twitter: @TowerBridge

Tower Bridge Exhibition opening hours:
Summer Opening Hours: April - September 10:00 - 17:30 (last admission)
Winter Opening Hours: October - March 09:30 - 17:00 (last admission)
Admission prices for Tower Bridge Exhibition are: adults £9, children aged 5-15 £3.90 or £3.40 for a group of 10 or more, under 5s free and concessions £6.30, family tickets from 18.


Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Monday, 10 November 2014

Le Photographe de la vie sauvage - The Wildlife Photographer of the Year 2014 @ Natural History Museum, SW7

The last great picture
WINNER – Black and White AND Overall Wildlife Photographer of the Year 2014
Michael ‘Nick’ Nichols
USA

English version, click here

Enfant, à part lire les fables de sorcières, je lisais tout sur les animaux et leurs territoires. C’est en voyageant à travers la France pour voir cette grande famille que s’accroissait ma curiosité sur la flore et la faune. Les voyages les plus extraordinaires étaient ceux que l’on traversait en voiture en Afrique : dans les pays où nous vivions ou en franchissant leurs frontières. Le plus long a été celui qui a façonné mon amour du paysage et a déclenché une aptitude à me plonger dans les profondeurs hypnotiques des défilés panoramiques. Celui entre Lomé, Togo et Ouagadougou en Haute Volta (maintenant Burkina Faso). Deux jours sous un soleil intransigeant dans une R12 dont le coffre était rempli de bouteilles d’eau « froide », une valise pour quatre (demandez à ma mère !) et des pneus de secours tout en regardant les animaux et leurs habitations : le plus beau zoo libre ! Une sorte d’écran TV vu par la fenêtre de la voiture. De façon inconsciente, je me rendais certainement compte de la fragilité de la vie. Des groupes de femmes aux seins nus marchaient pendant de longues distances pour puiser de l’eau.

C’était dur de choisir une direction. Les oiseaux, la vie maritime, les lions, les arbres…
C’était difficile de se déloger d’une large image à une autre. Chaque photo avait sa magie. Ce ne sont pas juste des images jolies, elles sont artistiquement étonnantes. Certaines d’entre elles mettent en question le défi d’avoir osé se trouver là où le photographe se trouvait. Elles ont toutes un conte à raconter. Ces photographes sélectionnés pour The Wildlife Photographer of the Year 2014 ont une lourde responsabilité : nous rappeler que ce monde est fragile ! Ce qui nous entoure a le droit de vivre et seuls les mammifères bipèdes dotés d’une casquette à penser savent tout détruire (les fourmis sont quand même de grandes gagnantes).

Finalement, c’est la fosse aux lions qui m’a attirée (qui se trouve être la photo gagnante de l’expo) The Last Great Picture de Michael Nichols. Il s’agit de cinq femelles de la troupe de Vumbi qui se reposent avec leurs petits en Tanzanie. Le moment est primordiale, presque biblique.

The mouse, the moon and the mosquito
WINNER – Mammals
Alex Badyaev
USA

En continuant ma randonnée, j’aperçois de longues moustaches appartenant à une petite souris perchée sur une vesse-de-loup éclairée par une pleine lune alors qu’un moustique s’acoquine avec les géants. The Mouse, the Moon and the Mosquito est un délice encadré par ce gagnant de la catégorie mammifère d’Alex Badyaev qui a sillonné la vallée Blackfoot, dans l’ouest du Montana aux US.

Depuis ma découverte du plaisir de la plongée en apnée dans la Mer Rouge, du côté de la Bouée d’Air France (N11°44’615 / E43°08’610), je me suis passionnée pour les méduses et pour le grand photographe David Doubilet. Sailing By de Matthew Smith a attiré mon attention pendant un moment jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’il s’est fait piquer par des cnidaires sur la côte de New South Wales en Australie. Une photo mi sous l’eau-mi surface de l’eau.

Pendant mon court séjour dans le village isolé et tranquille de Leimebamba, Pérou, ma colère inoffensive m’animait. Les villageois de peu devaient s’acheter des bouteilles d’eau en plastique alors que quelques années plus tôt, ils pouvaient boire l’eau de la rivière. Cette rivière contient un taux de mercure assez élevé dû au fait qu’une compagnie Nord Américaine cherchait de l’or plus loin au nord.




Filthy riches
FINALIST – World in our Hands
Charlie Hamilton James
UNITED KINGDOM
Canon EOS-1D X + 24–105mm lens; 1/2000 sec at f6.3; polarizing filter; ISO 800.

Charlie Hamilton James se trouvait au Pérou pour sa photo Filthy Riches. Il y était pour faire une série TV sur les problèmes en relation avec l’exploitation minière clandestine en forêt amazonienne, du côté de Puerto Maldonado (environ 1000km au sud de Leimebamba). Une partie du paysage avait été dévasté par l’exploitation de l’or. « Le problème, dit-il, est la quantité énorme de mercure injecté dans le sol pour concentrer l’or pendant le processus d’extraction, ce qui fait saigner la rivière. Cela endommage non seulement l’environnement mais aussi la population locale. La plupart d’entre eux ont cinq fois le taux de mercure dans leur corps, bien au delà de la norme sécuritaire. L’exploitation de l’or est étroitement lié au prix de l’or – si le prix de l’or chute, le taux d’extraction de l’or s’accroit. Depuis la récession économique globale de 2008, le coût de l’or s’est effondré, alors que la forêt amazonienne triple sa perte tous les ans. L’or du Pérou dort dans les banques – la Banque d’Angleterre, par exemple, est estimée enfermer dans ses coffres 4600 tonnes d’or.

Parmi ces bijoux « enfermés » au Natural History Museum, mes yeux se sont posés longuement sur le Divine Snake de Raviprakash S. S – ce serpent vert venimeux qui attend sa proie d’une divine concentration… sur le pas de sa porte ; Magic Mountain de David Clapp en Islande avec cette aurore boréale provoquant un vert néon sur la montagne ; Hollywood Cougar de Steve Winter et son couguar traversant le paysage, l’insigne « Hollywood » apparaissant perché sur son dos, et bien d’autres encore.


The price they pay
WINNER - World in our Hands
Bruno D'amicis
ITALY
Canon EOS 5D Mark II + 17–40mm f4 lens at 38mm; 1/160 sec at f4; ISO 400.

Le grand gagnant à mes yeux est The Price They Pay de Bruno d’Amicis. Je suis restée un bon moment en face de cet adorable fennec, un de mes animaux préférés lorsque j’étais enfant. Je lisais des fables sur ces petits êtres dont le nom poétique est le renard des sables. Il aboie comme un chien et miaule comme un chat. Il vit en communauté dans le Sahara et son corps s’adapte à la chaleur ambiante ; ses oreilles agissent comme des « chaleurs répulsives ». Une fois mes esprits retrouvés, je m’aperçois que le bébé fennec est tenu en laisse au pied d’un vendeur. L’effet est aussi perturbateur que la série des hyènes en laisse sur l’Afrique inconnue de Pieter Hugo.
Bruno a trouvé cet adolescent qui vendait ce fennec de trois mois dans un village au sud de la Tunisie. Il avait déniché le bébé au fond d’une litière dans le désert du Sahara. Il est illégal d’attraper ou de vendre des fennecs en Tunisie, mais cela reste une pratique courante. Les principales raisons de ce fléau est dû au taux de chômage important ; une éducation quasi inexistante, une pénurie de l’application des lois ; l’ignorance des touristes, etc… Cependant, Bruno reste convaincu que des images qui invitent à réfléchir peuvent aider accroitre la connaissance parmi les touristes et mettre l’accent sur l’environnement fragile du Sahara.

On aime regarder les programmes TV sur la nature ou lire Géo ou National Geographic. On croit tout savoir et pourtant la nature ne cesse d’étonner. Cette célébration des 50 ans de Wildlife Photographer of the Year a bien des trésors à offrir et nous rappelle qu’il faut beaucoup travailler pour préserver ces beautés naturelles et fragiles encore disponibles sur notre terre. Un travail pour que les générations futures puissent connaitre ces merveilles.
                                          
Faits et tournée:

L’exposition propose 100 photos acclamées par les juges exposées sur 18 catégories. L’exposition démarre au National History Museum pour ensuite embarquer une tournée mondiale dans 90 pays. Les 100 photos ont été sélectionnées parmi 42000 inscriptions. Ces 100 photos iront en France, Australie, Canada, Chine, Allemagne, Israël, Italie, Pologne, Afrique du Sud, Hollande, US.

Information sur l’exposition :
The Natural History Museum, Cromwell Road, London SW7 5BD
Dates et heures d’ouverture : jusque dimanche 30 août 2015, 10h00–17h50 (dernière admission 17.15)
Prix : Adultes £12.60, enfant et tarif réduit £6.30, famille £34.45
Reserver les billets : www.nhm.ac.uk/wpy
Métro : South Kensington
Twitter: @NHM_WPY

Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com