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Friday, 31 October 2014

Marina Abramović – White Space – jusque 1 novembre 2014 @ Lisson Gallery, NW1



Rhythm 5
1974
Marina Abramović.
Englislh version, click here

De larges photographies gros grain en Noir et Blanc.

« Je construis une étoile à cinq pointes en bois et l’imbibe d’essence »
Performance
« J’allume l’étoile
Je marche autour
Je coupe mes…
J’entre dans l’espace vide de l’étoile et m’allonge
Je ne me rends pas compte que le feu à consumer tout l’oxygène
… conscience
… public… »
La performance est interrompue.



Rhythm 5, 1974, assemblage de huit photographies argentiques. Marina Abramović.

Encore plus extraordinaire, ça se passe aussi dans le ventre de la Lisson Gallery du Nord Ouest de Londres où un film 8mm de Rhythm 5 a été transféré en vidéo, noir et blanc pendant 8 minutes et 12 secondes. Dans l’audience se trouve Joseph Beuys, qu’on ne voit pas.
En 1974, Marina avait 28 ans à Belgrade, alors capitale de la Yougoslavie. Il fallait qu’elle se mette en scène pour « brûler l’étoile communiste afin de purifier son mental et son physique… » avant 22h puisque sa mère lui avait interdit d’être dehors après cette heure !

Installation @ Lisson Gallery
 White Space

La plupart des œuvres de Marina Abramović: White Space a Lisson Gallery ont été rarement exposées, voire pas du tout.
La pièce blanche, White Space, 1972, est couverte de papier blanc. De l’exterieur, elle semble plutôt banale et le dilemme d’y entrer s’impose. Vais-je m’embeter a mettre ses chaussons ? Que peut-il se passer une fois dedans. Etant quelque peu joueuse, j’entre ! L’expérience y est tout à fait dérangeante et étonnante : sensation de perte de la notion d’espace, voire faire partie d’un monde plus cosmique – qui peut être amplifié pour les personnes entendantes puisque le magnétophone répète « I love you ».

Freeing the Horizons
1971
Marina Abramović

En 1971, Abramović n’avait pas le droit de quitter le pays. A travers les rues de Belgrade, elle a photographie en Agfa couleur ses rues et ses monuments importants - National Theatre, Republic Square, etc… - pour ensuite peindre sur les photos. Elle explique : « J’ai photographie les monuments importants du centre de Belgrade. Puis, j’ai efface ces memes monuments pour libérer l’horizon. En regardant ces photos aujourd’hui, je suis frappée que beaucoup d’entre eux ont été détruits ou bombarde pendant la guerre du Kossovo en 1999 » Cette œuvre s’appelle Freeing the Horizon aussi connue par Liberation of the Horizon, exposée pour la première et unique fois au MoMA, à New York en 2010.

Freeing the Memory, 1975, est un film de 50 minutes 18 secondes ou Abramović tente de se souvenir de mots serbes. Ce qui frappe, ce sont les mots qui jaillissent par « hasard » suivis rapidement de leurs antonymes. Une sorte de narrative autobiographique cathartique avec des mots tels que « froid, lèpre, linoléum. »

Freeing the Voice

Marina Abramović: White Space est une inspection / rétrospection de son travail entre 1971-1975. L’exposition, qui propose d’autres travaux, révèle le début de l’artiste avec des thèmes récurrents qui sont le temps, l’immatériel mais qui embrassent aussi le rituel, l’occultisme, la rébellion et l’endurance.

Marina Abramović – White Space – jusqu’au 1 Novembre 2014 - FREE
Heures d’ouverture : Lundi au vendredi 10h-18h, samedi 11h-17h
Location: 52 Bell Street, London, NW1 5DA

Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com


Marina Abramović – White Space – til 1 November 2014 @ Lisson Gallery, NW1


Rhythm 5
Marina Abramović
1974
Version française, cliquez ici

Black and white large scale and grainy photographs.

I construct a five pointed wooden star and soak it with petrol
Performance
I light the star
I walk around the star
I cut my...
I enter the empty space in the star and lie down
I don’t realise the fire has consumed all the oxygen
... consciousness
... public...
The performance is interrupted

Rhythm 5, 1974, assemblage of eight silver gelatine photographic prints. Marina Abramović.

Rhythm 5
Installation @ Lisson Gallery

More extraordinarily, it also happens in the Lisson Gallery belly where an 8mm film of Rhythm 5 is transferred to video, in B&W for 8 minutes 12 seconds. In the audience, Joseph Beuys (unseen).
In 1974, Marina was 28 in Belgrade, then capital of Yugaslavia, and had to perform her “burning the communist five-pointed star that represented a physical and mental purification... ” before 10pm as her mother forbade her to be out of the house after that hour!

Installation @ Lisson Gallery
for Marina Abramović: White Space

Most of Marina Abramović: White Space at Lisson Gallery is unseen or rarely seen works.
The white room aka White Space, 1972, is a space covered with white pieces of paper. Looking from the door, it looks like a... white space. If you want to enter it, you have to wear slippers. Should I go in or stay out? A sort of silly dilemma when in a gallery. What can happen inside? Troubling myself taking my shoes off... I’m a player! An astoundingly disturbing experience, a sense of loss of space or being part of another cosmic world - that might be amplified for hearing people as the tape recorder says (as written in the press release) “I love you”.

Installation @ Lisson Gallery
for Marina Abramović's Freeing the Horizon aka Liberation of the Horizon

In 1971, Abramović was not allowed to leave the country. She walked the streets of Belgrade and photographed in Agfa colour its streets and famous monuments including the National Theatre, Republic Square and so on and painted partially over the photos. She explains: “I photographed the important buildings of central Belgrade. Then I removed the buildings, freeing the horizon. Looking back at this piece, I was struck by the realization that some of the buildings from this project had been bombed and destroyed during the Kosovo war in 1999”. The piece is called Freeing the Horizon aka Liberation of the Horizon, shown once at MoMA, New York in 2010.

Freeing the Memory, 1975, is a film projection with sound, depicting Abramović’s attempt to recall every Serbian word she can, in a continuous stream of language, for 50 minutes 18 seconds in a single channel video, B&W with subtitles. “I sit on a chair with my head tilted backwards. Performance. Without stopping, I continuously speak the words that come to mind. When words no longer come to mind the performance ends”.
It soon strikes the mind that these words that come out at “random” are either followed with their antonyms or reveal a sort of cathartic autobiographical narrative with words such as “cold, leprosy, linoleum...”

Freeing the Horizon aka Liberation of the Horizon
1971
Marina Abramović 

Marina Abramović: White Space is a survey of Marina Abramović works all dating from 1971-1975. The exhibition, that include other works, reveals the artist's first forays into a performance-based practice dealing with time and the immaterial, themes which have again become central to her current work, dealing with rituals, occultism, rebellion and stamina.

Marina Abramović – White Space – until 1 November 2014 - FREE
Exhibition Facts:  
Opening Hours: Monday-Friday 10am-6pm, Saturday 11am-5pm
Location: 52 Bell Street, London, NW1 5DA


Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com

Tuesday, 28 October 2014

Egon Schiele: The Radical Nude – jusqu’au 18 janvier 2015 @ Courtauld Gallery, Londres WC2R

Egon Schiele (1890-1918)
Two Girls Embracing (Friends), 1915
Gouache, watercolour and pencil
48 x 32.7 cm
Museum of Fine Arts, Budapest

Je reste convaincu que les grands peintres peignaient des silhouettes… Je peins la lumière qui se dégage des corps. Les travaux érotiques sont tout aussi sacrés. Egon Schiele, 1911

English version, click here

Arthur Rimbaud était présent tout le temps, là où j’habitais quand j’étais ado. La corne de l’Afrique : paradis et enfer sur terre ! Et puis, mon père a été muté près de Charleville-Mézières. Mon lycée était un ancien couvent devenu une institution stricte où le taux de réussite au Bac était aussi élevé que le taux de suicide chez les ados…

Mes nouveaux amis m’avaient présentée à Berthold Brecht, Nietzsche, Platon et aussi à Joy Division, Bauhaus et autres expériences musicales. Un jour, le plus apte au suicide du groupe me présentait le travail d’Egon Schiele. Il savait que j’avais peu d’intérêt pour le dessin ou la peinture, et pourtant je suis restée bouche bée en un coup d’œil. Il incarnait mon état d’âme : il capturait l’essence de mon être. Tristesse, esprit torturé, agonie, âme obscure, corps et visage émaciés… des grands yeux noirs ! Je me souviens lui avoir demandé si Schiele était un contemporain. Il mourait quelque 65 ans auparavant. Etant une grande admiratrice de Barbara depuis mes 12 ans, je me souviens lire les textes de Barbara by Jacques Tournier (Ed Seghers) et faire des pauses pour scruter les lignes de dessin d’Egon. Pour moi, Barbara et Schiele étaient indissociables. Les lignes les rapprochant l’un de l’autre étaient certainement La Solitude.

Egon Schiele
Seated Female Nude with Raised Arm (Gertrude Schiele), 1910
Gouache, watercolour and black crayon,
45 x 31.5 cm
Wien Museum, Vienna

Je me suis dépêchée entre la réception de la 50ème Wildlife Photographer of the Year pour aller à celle d’Egon Schiele: The Radical Nude. Tel un missile, je me suis projetée sur un territoire laissé en jachère, celui de mon esprit psycho-géographique de l’adolescence. Egon Schiele est à la Galerie Courtauld, à Londres... Arthur Rimbaud et Paul Verlaine y ont piétiné le sol de leur maisonnette, là où est érigée maintenant la tour de British Telecom.

Pendant sa courte mais urgente carrière, l’austro-hongrois-tchèque Egon Schiele est mort à 28 ans, son approche au dessin et à la peinture était à la fois crue et innovatrice. Cette exposition Egon Schiele: The Radical Nude se concentre sur son travail du nu, une collection de plus de 30 œuvres radicales rassemblées à partir de collections internationales privées ou publiques.


Before the Mirror
1913
Pencil and Gouache
48.3 x 32.1 cm
The Leopold Museum, Vienna

Très jeune, Schiele, qui était considéré par son entourage comme un enfant étrange et timide, affichait une certaine virtuosité quant au dessin. A 15 ans, son père mourait de syphilis et il était placé sous la tutelle de son oncle maternel. A 16 ans, il fuguait avec sa sœur Gertrude de 12 ans pour dormir à l’hôtel. Il avait à plusieurs reprises auparavant affiché un intérêt incestueux envers celle-ci.
A partir de 1907, il devenait le protégé de Gustav Klimt et en 1908, il avait sa première exposition à Klosterneuburg.

Dès 1910 à Vienne, Schiele avait produit un nombre considérable de dessins d’hommes et femmes nus. Pourtant, en 1911, la haute bourgeoisie de la capitale l’oppressait tant qu’il partait vivre avec son amie de 17 ans Wally Neuzil à Neulandbach, à 35 km ouest de Vienne. Il y menait un style de vie plutôt peu conformiste – pas marié et des amourettes ouvertes – et son usage de modèles mineur(e)s attiraient l’hostilité de la population locale. En 1912, il était arrêté et détenu pour désordre moral (séduction et abduction). Schiele a connu 24 jours de prison alors que les autorités lui confisquait (et ont probablement détruit) au moins 100 œuvres considérées pornographiques – on sait qu’un de ses dessins a été brulé par un juge lors du procès.

Egon Schiele (1890-1918)
Woman with Black Stockings, 1913
Gouache, watercolour and pencil,
48.3 x 31.8 cm
Private collection, courtesy of Richard Nagy, London

Les sujets de prédilection d’Egon Schiele étaient le portrait, le paysage mais le nu restait avant tout son répertoire artistique. La Première Guerre Mondiale avait réduit son travail frénétique. Il florissait à nouveau à partir de 1917 lorsque les collectionneurs commençaient à acheter son travail. Sa femme enceinte de six mois mourait le 28 octobre 1918 de la Grippe Espagnole. Trois jours plus tard, Schiele succombait du même sort alors qu’il était sur le point de devenir un des artistes marquant du siècle tournant.

30 ans après mes premières présentations au maitre Schiele, me voila, debout devant de nouvelles émotions. Un homme qui se voyait martyr, dépendant du sexe. Une obsession que l’on pourrait comparer aujourd’hui au film Shame de Steve McQueen. Schiele lui-même se comparaissait au martyr de Saint Sébastien (dont Derek Jarman se référait également).

Avant Egon Schiele, le nu était peint par les grands maitres, mais peut-être de façon plus passive. Ici, voire en son temps, Schiele donnait une dimension au nu plus « agressive ». Non seulement il ajoutait un pouvoir extraordinaire aux femmes, celui du control de leur vagin et de leur sexualité, mais aussi, Schiele compliquait cette sensation érotique puisqu’il exagérait parfois l’usage des couleurs non-réalistes en fusionnant l’artifice et la réalité : la violence du bleu et du rouge qui recouvre une peau presque en décomposition sur des corps squelettiques. Comme si Schiele extirpait la mort d’un corps vivant… comme s’il annihilait le poison qui lui pourrissait l’esprit.

 Egon Schiele (1890-1918)
Erwin Dominik Osen, Nude with Crossed Arms, 1910
Black chalk, watercolour and gouache
44.7 x 31.5 cm
The Leopold Museum, Vienna

Jamais, il n’utilisait une gomme ou ne corrigeait son travail. Ses lignes fines et angulaires étaient des premiers jets qui enfermaient un corps tout en cassant les tabous sociaux et artistiques de l’époque. Vienne était une capitale bourgeoise et respectable qui abritait un monde clandestin de prostituées posant pour Schiele. Une de ses œuvres les plus remarquables (à mon avis) est celle intitulée  Crouching Woman with Green Kerchief (Femme accroupie avec écharpe verte) : une femme nue et intrigante avec des bas gris et des mi bottes à haut talons, la tête recouverte d’une écharpe verte très criarde. On y voit presque une refugiée Afghane d’un camp Pakistanais comme l’avait photographiée Steve McCurry en 1984, mais il s’agit ici du bas-ventre de Vienne où Schiele cherchait refuge à travers ses frasques sexuelles.

Egon Schiele (1890-1918)
Crouching Woman with Green Kerchief, 1914
Pencil and gouache
47 x 31 cm
The Leopold Museum, Vienna

Il puisait son inspiration dans le mouvement, qu’il soit de la danse, du mime ou du théâtre. Il amputait facilement les membres des corps de façon cruelle ou décharnait les corps en donnant aux visages des expressions désespérées. On y trouve malgré tout une vitalité inhérente et une beauté esthétique plutôt rares qui ont façonné son travail de « silhouettes ». Parfois, Schiele nous oblige à être des spectateurs voyeurs lorsqu’il nous confronte à ses jeux de miroir ou alors en nous faisant incliner la tête pour examiner sa signature à 90° afin d’apprécier son travail sous un autre angle. Ce précurseur de Lucian Freud ou de Francis Bacon en termes de corps décadents nous invite à sa danse macabre des corps peu flatteurs qui mettent en exergue son self érotique névrotique…

Schiele était un contemporain de Klimt, d’Arthur Schnitzher et de Sigmund Freud à une époque ou l’exploration de la nature fondamentale du désir humain était la tendance de Vienne du siècle naissant.

Egon Schiele (1890-1918)
Nude Self-Portrait in Gray with Open Mouth, 1910
Black chalk and gouache, 44.8 x 32.1 cm
The Leopold Museum, Vienna

Son Nude Self Portrait in Gray with Open Mouth (Self portrait nu en gris avec bouche ouverte) incarne l’anxiété par excellence. Il nous crie sa tourmente… et je me demande maintenant s’il se reflète en moi ou si je me reflète en lui !

Egon Schiele: The Radical Nude est une opportunité unique d’analyser le travail d’Egon Schiele (voire vous-même) : aucun musée britannique n’enferme une seule de ses œuvres… qui résonnent encore aujourd’hui.

Egon Schiele: The Radical Nude
23 octobre 2014 au 18 janvier 2015
The Courtauld Gallery, Somerset House, Strand, London WC2R 0RN

Woman in Boots with Raised Skirt
1918
Black crayon
43.5 x 28 cm
Private collection c/o Richard Nagy

Ouverture :
Tous les jours 10h – 18h (dernière admission 17h30)
Ouvertures tardives (18h-21h) jeudi 27 novembre 2014 et 15 janvier 2015
Fermé le 25 et 26 décembre, dernière admission à 15h30 le 24 décembre
Tickets disponibles sur www.courtauld.ac.uk/schiele
Prix £8.50* (tarifs réduits disponibles)

The exhibition sponsors are Lexington Partners and Swarovski.

Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com



Monday, 27 October 2014

Egon Schiele: The Radical Nude - to 18 January 2015 @ Courtauld Gallery, WC2R

Egon Schiele (1890-1918)
Two Girls Embracing (Friends), 1915
Gouache, watercolour and pencil
48 x 32.7 cm
Museum of Fine Arts, Budapest

Version Française, cliquez ici

I still believe that the greatest painters painted figures... I paint the light that emanates from all bodies. Erotic works of art are also sacred. Egon Schiele, 1911

Where I lived as a teenager was all about Arthur Rimbaud. The Horn of Africa: hell and paradise on earth! Then my father’s new work place was near Charleville-Mézières where I schooled in France highest level of success for the Baccalauréat as well as holding the record rate on teenage suicide... the lycée was a strict institution formerly an austere convent!
My new friends introduced me to Berthold Brecht, Nietzsche, Plato, new musical experiences and so on. One day, the most suicidal of the group introduced me to Egon Schiele. He knew I had little interest in drawings or paintings. In one single glance at Schiele’s work, I fell in awe. He embodied my whole state of mind: he captured my own essence of being. Sadness, tortured mind, agony, obscure soul, emaciated face and body... wide-dark eyes! I remember asking if he was our contemporary. He had died some 65 years before. Being a great admirer of Barbara, I remember reading her texts from Barbara by Jacques Tournier (Ed Seghers), pausing to scrutinise his lines. To me, they were indivisible. Perhaps, her closest lines representing his lines are La Solitude.

Egon Schiele (1890-1918)
Standing Nude with Stockings, 1914
Black chalk and gouache
48.5 x 32.1 cm
Germanisches Nationalmuseum, Nuremburg

I rushed from the fiftieth Wildlife Photographer of the Year Private View to Egon Schiele: The Radical Nude Private View. I missile projected myself back to my own psycho-geography mind territory. Egon Schiele is in Courtauld Gallery, London... where Arthur Rimbaud and Paul Verlaine fouled the soil in a maisonette that is now the BT tower!

During his short but urgent career, Austro-Hungarian-Czech Egon Schiele died at 28, he approached his drawing-painting in a raw ground-breaking way. This exhibition Egon Schiele: The Radical Nude focuses on his nude material, a collection of more than 30 radical works assembled from international public and private collections. 

Egon Schiele (1890-1918)
Woman with Black Stockings, 1913
Gouache, watercolour and pencil,
48.3 x 31.8 cm
Private collection, courtesy of Richard Nagy, London

At a young age, Schiele, who was considered a strange and shy child from his entourage, displayed virtuosity in drawings. At 15, his father died of syphilis and became his uncle’s ward. At 16, he escaped with his 12 year old sister and spent a night at the hotel. He had frequently displayed incestuous interest in his sister.
Gustav Klimt became his mentor in 1907 and in 1908, Schiele had his first exhibition, in Klosterneuburg.

By 1910, Schiele had produced a remarkable body of drawing of male and female nudes in Vienna. However, in 1911, he felt the bourgeois milieu of the capital too oppressing and moved with his 17 year old lover Wally Neuzil to Neulandbach, 35 km West of Vienna. Due to his unconventional lifestyle – he was unmarried and had open affairs – his use of underage models drew hostility from the locals. In 1912, he was arrested and convicted of ground of public immorality (seduction and abduction). Schiele was imprisoned for 24 days and the authorities confiscated (most probably destroyed) at least a hundred of his work for being pornographic – one of his works is known for having been burnt by a judge at his trial.

Egon Schiele
Squatting Female Nude, 1910
 Black chalk, gouache and opaque white
44.7 x 31 cm
The Leopold Museum, Vienna

Egon Schiele subjects of predilection were portraiture, landscape but the nude remained his main artistic repertoire. WWI reduced his frenetic works but it flourished again from 1917 when collectors started buying his œuvres. His pregnant wife Edith died of Spanish flu 28 October 1918, Schiele followed the same fate three days later, on the brink of becoming one of the leading artists of his time.

30 years after my first introduction to el maestro Schiele and here I am standing with new emotions. A man who was a martyr, addicted to sex. An obsession that could compare today to Steve McQueen’s Shame. He did compare himself to Saint Sebastian (also referred to by Derek Jarman).
Nude has always been painted by the great masters pre-Egon Schiele, but more in a reclined and passive way. Here, or in his time, Schiele gave another dimension to the nude. Not only, adding an extraordinary power to women and showing them in control of their vaginas-sexuality, but Schiele complicated that erotic sensation when exaggerating his use of non realistic colours, combining artifice and reality: “violent” blue or red covering the decayed skin, skeletal bodies as if extracting death from a living body... as if annihilating the poison rotting his spirit.

Egon Schiele
Male Lower Torso, 1910
Black chalk and gouache
44.8 x 28.1 cm
The Leopold Museum, Vienna

He never used an eraser nor corrected his works. They were a first attempt of fine and angular lines encapsulating a body, breaking artistic and social taboos of that period. Vienna was a respectable bourgeois capital that fostered an incredible underworld of prostitutes, who posed for Schiele. One of the most astonishing pieces (to me anyway) is Crouching Woman with Green Kerchief: an intriguing naked woman with grey stocking, high heels semi-boots and a “violent” green headscarf. She could be a refugee from an Afghan camp in Pakistan as photographed by Steve McCurry in 1984, but this is Vienna’s underbelly in 1914 where sex is Schiele’s refuge.

Egon Schiele (1890-1918)
Crouching Woman with Green Kerchief, 1914
Pencil and gouache
47 x 31 cm
The Leopold Museum, Vienna

Egon Schiele’s inspiration also came from dance movements, theatre gestures and mimes, giving the often cruelly cropped, emaciated bodies and desperate facial expressions an inherent vitality and aesthetical beauty that shaped his pieces into depicting the figure. At times, he used a mirror to confront us, viewers as voyeurs. We are joining the macabre dance of his unflattering, cropped or omitted parts of bodies that enhance his neurotic erotic self. He even pushes voyeurism when signing at times, at 90 degrees, forcing us to view his work from another angle...
Schiele was a contemporary of Klimt, Arthur Schnitzher and Sigmund Freud at a time when exploration in different ways of the fundamental nature of human desire was all the rage in Vienna emerging new century.

Egon Schiele (1890-1918)
Erwin Dominik Osen, Nude with Crossed Arms, 1910
Black chalk, watercolour and gouache
44.7 x 31.5 cm
The Leopold Museum, Vienna

In his Nude Self Portrait in Gray with Open Mouth, Egon Schiele embodies anxiety par excellence, crying out to us his torment... making me wondering now if he reflects in me or I in him!

Egon Schiele (1890-1918)
Nude Self-Portrait in Gray with Open Mouth, 1910
Black chalk and gouache, 44.8 x 32.1 cm
The Leopold Museum, Vienna

This is a unique opportunity to analyse Egon Schiele (or perhaps yourself?) as no British Museums possess any of his works... that still resonates today.

Egon Schiele: The Radical Nude
23 October 2014 to 18 January 2015
The Courtauld Gallery, Somerset House, Strand, London WC2R 0RN

Opening Times:
Daily 10am – 6pm (last admission 5.30pm)
Late Openings (6-9pm) Thursday 27 November 2014 and 15 January 2015
Closed 25 and 26 December, last admission at 3.30 on 24 December
Tickets available at www.courtauld.ac.uk/schiele
Admission £8.50* (concessions available)
*Price includes admission to the permanent collection and a £1 voluntary donation to The Courtauld Gallery

Woman in Boots with Raised Skirt
1918
Black crayon
43.5 x 28 cm
Private collection c/o Richard Nagy

The exhibition sponsors are Lexington Partners and Swarovski.

Thank you to Sue Bond for all your support and wishing you all the best.

Sybille Castelain for babylondonorbital@gmail.com


Monday, 20 October 2014

Alexander McQueen: Savage Beauty – exposition @ V&A, SW7 - 14 mars-19 juillet 2015 - £16

Title: Duck feather dress
Artist: Alexander McQueen
Date: The Horn of Plenty, A/W 2009-10
Credit line: Model: Magdalena Frackowiak, 
Image: firstVIEW

Alexander McQueen: Savage Beauty
In partnership with Swarovski
Supported by American Express
14 mars – 19 juillet 2015


For the English version, click here

“... la fragilité des animaux, la beauté des animaux... il suffit d’une journée pour ne plus exister... c’est une jungle partoutLee Alexander McQueen

Au bord du Rhin, je suis née mais je n’y allais que pour voir ma famille maternelle. Avant d’aller au lit, je partais à la chasse à la fable païenne dans le grenier de mes grands-parents, cachée dans des malles lourdes. Je les lisais sous les poutres basses. Le matin, les livres avaient disparu. Je croyais à ces extraordinaires fables dont la plus connue est Lorelei, une beauté sauvage.

In Memory of Elizabeth How, Salem 1692 (A(utomne)/H(iver) 2007-8) est une collection inspirée d’une victime des chasses aux sorcières de Salem, que la mère de McQueen avait retracé dans l’arbre généalogique familiale. La collection était un hommage à la défunte Isabella Blow « mise en scène » par Alexander McQueen et Philip Treacy (voir lien du poste en anglais sur Isabella Blow).

Title: Tulle and lace dress with veil and antlers
Artist: Alexander McQueen
Date: Widows of Culloden, A/W 2006-07
Credit line: Model: Raquel Zimmerman, VIVA London,
Image: firstVIEW

Pour moi, la musique est au dessus de toute forme d’expression suivit de très près par les images filmées, les mots, les mouvements du corps et autres mode d’émotions / créations. Malgré tout, aucun artiste ou créateur n’a acuponcturé mon cerveau ni dressé les poils de mon corps comme McQueen l’a fait. Un simple coup d’œil à sa créativité et à son innovation et une goutte salée jaillit de ma fissure orbitale, l’enveloppe corporelle tremble… je ne suis même pas sure de pouvoir porter un McQueen – probablement un état de transe m’emparerait !

Le V&A invite les membres de la presse à un aperçu de Alexander McQueen : Savage Beauty, une rétrospective de Lee Alexander McQueen qui ouvrira ses portes au printemps 2015. La pièce est pleine et silencieuse. Nos oreilles sont suspendues aux lèvres de Claire Wilcox, nos yeux scrutent l’écran géant… jusqu'à ce moment révélateur où le monde est suspendu à un fil, la terre est un point infiniment petit dans l’univers galactique « je suis inspiré par une plume mais aussi par sa couleur et son graphisme… ». Une phrase aussi banale qui en fait articule le mécanisme de la matière grise. Comment voir un objet insignifiant a priori et le sublimer a posteriori. Alexander McQueen pouvait transcender un quelconque outil « vulgaire » en une forme délicate et extravagante.

Title: Dress of dyed ostrich feathers and hand-painted microscopic slides
Artist: Alexander McQueen
Date: Voss, S/S 2001
Credit line: Model: Erin O’Connor,
Image: REX

L’éditrice en chef de mode Isabella Blow se referait au travail du créateur de mode McQueen comme « … Chaire et sang ! Sabotage et tradition… une combinaison entre la beauté et la violence ».
Savage Beauty semble tout à fait approprié.
Enfant, il faisait des robes à ses sœurs pour ensuite être traceur de patrons à Saville Row et à Milan. Persuadé d’étudier un Master en fashion design à Central St Martin, il obtiendra son diplôme en 1992 avec une collection inspirée du Londres Victorien intitulée Jack The Ripper Stalks His Victims (Jack l’éventreur traque ses victimes). En 1996, Givenchy fait appel à lui pour remplacer John Galliano. L’éditrice en chef de mode du Figaro se souvient : « Alexander McQueen n’a rien fait pour éviter de choquer. Il n’a rien fait pour faciliter son accès au succès… » C’était l’enfant terrible jusqu’au bout des ciseaux. A tel point, que lorsqu’on lui a demandé de décrire le talent de Givenchy pendant l’entretien, il a répondu « Quel talent ? ». Ce trait de caractère est renforcé lorsque Martin Roth, Directeur du V&A dit : « Lee Alexander McQueen a présenté son travail au V&A ; il a étudié toutes les collections publiques de confection, peinture, art, photographie et les livres comme source d’inspiration pour ses modèles visionnaires… et il a pourtant su rester anti-establishment et un vrai provocateur ».


Title: Tahitian pearl and silver neckpiece
Artist: Shaun Leane for Alexander McQueen
Date: Voss, S/S 2001
Credit line: Model: Karen Elson, 
© Anthea Simms 

L’exposition célébrera non seulement sa relation frictionnelle en termes de concepts mais aussi son inquiétude de façon plus globale « … le future… la calotte glaciaire fondra et l’eau montera et la vie sur terre devra évoluer ». Elle montrera aussi son sérieux intérêt pour l’histoire ancestrale, la nature, la science-fiction, la technologie et la fabrique artisanale avec des cabinets entièrement recrées pour abriter ses défilés.

Gainsbury et Whiting, la compagnie de production qui a collaborée avec McQueen pour mettre en scène ses défilés, travaillent avec le V&A sur l’exposition. Les 10 sections se découperont en thèmes – London (Londres); Savage Mind (Esprit Sauvage); Romantic Gothic (Gothique Romantique); Romantic Primitivism (Primitivisme Romantique); Romantic Nationalism (Nationalisme Romantique); Cabinet of Curiosities (Cabinet des Curiosités); Pepper’s Ghost (Fantôme de Pepper); Romantic Exoticism (Exotisme Romantique); Romantic Naturalism (Naturalisme Romantique); Plato’s Atlantis (L’Atlantis de Platon) – qui captureront l’essence de la provoc’, du dramatique et des défilés extravagant dont McQueen s’était fait la réputation, et qui fusionnera également l’art de la narration, la performance théâtrale, la musique et le film. Par exemple, le moment spectaculaire où Kate Moss est apparue en robe d’Organza ondulante par l’intermédiaire d’une image 3D holographique, sera exposée en (presque) taille humaine. Image apparue à la fin du défilé Widows of Culloden (Les veuves de Culloden) (A/W 2006-7). La pièce maitresse de l’exposition sera Cabinet of Curiosities (Cabinet des Curiosités) qui montrera les créations produites par McQueen en collaboration avec ses amis créateurs de bijoux Shaun Leane et le chapelier Philip Treacy.

Title: Spray painted dress
Artist: Alexander McQueen
Date: No 13, S/S 1999
Credit line: Model: Shalom Harlow,
Image: Catwalking

On peut imaginer le poids sur les épaules de Claire Wilcox. Son droit à l’erreur est « nul ». En même temps, Wilcox est responsable d’avoir mis en place les expositions exemplaires telles que Radical Fashion (2001) et Vivienne Westwood (2004) – j’étais à l’étranger pour The Golden Age of Couture (2007) – il est donc tout à fait possible que nous soyons bien traités pour ce retour tant attendu de McQueen. L’homme qui avait laissé une note en février 2010 « … Prenez soin de mes chiens… »
Il avait dit « La collection au V&A ne manque jamais de m’intriguer et de m’inspirer. La nation est privilégiée d’avoir accès à une telle ressource… c’est le genre d’endroit où je voudrais être enfermé toute une nuit » Vous y serez Monsieur McQueen ! Pendant plusieurs nuits sur quatre mois. Avec un peu de chance, on tiendra votre main magique et fantomatique pour savourer ces beautés sauvages que vous avez créées. Un honneur sombre et absent, mais un lumineux honneur tout de même.


Title: Portrait of Alexander McQueen
Artist: Photographed by Marc Hom
Date: 1997
© Marc Hom / Trunk Archive 

Alexander McQueen en quelques dates et chiffres = né en 1969 à Lewisham, Londres ; le plus jeune de six enfants élevés à Stratford, Londres ; tailleur pour le Prince de Galles en 1984 ; tailleur de tissu pour Koji Tatsuno et Romeo Gigli en 1989-1990 ; découvert par Isabella Blow en 1992 ; travaille avec Katy England à partir de 1994 ; Bjork avait composé la B.O pour la collection The Hunger (A/W 1995-6) ; crée le manteau Union Jack pour la pochette du disque Earthling de David Bowie en 1997 ; Nick Knight taille son portrait pour la couverture de The Face en 1998 ; ses créations font partie de la collection permanente au V&A à partir de 1999 ; rend hommage au peuple Yoruba par sa collection Eshu en 2000 ; son défilé de 2002 est éclairé par Tim Burton ; Michael Clark chorégraphie Deliverance (S/S 2004); travaille avec la ballerine Sylvie Guillem @ Sadler’s Wells en 2008 ; Sarah Burton complètera sa collection Automne/Hiver non terminée de 2010-11 ; Savage Beauty inaugure le Metropolitan Museum of Art, New York en 2011 et a attiré 660000 visiteurs ; l'exposition David Bowie Is au V&A a vendu 300 000 tickets en 2013 ; 16 000 tickets ont déjà été vendus pour l’exposition Savage Beauty qui ouvrira en mars 2015 ; l’exposition sera un tiers plus grande que celle de New York avec 200 vêtements et accessoires en plus et plus de 40 articles qui s’ajouteront à la collection avec des films d’archive de presque tous les défilés de McQueen ; des prêts de Givenchy et de la Fondation Isabella Blow s’intégrera à l’exposition ; on y trouvera 75% de la collection grâce aux archives de McQueen ; Savage Beauty exposera une carrière de plus de 20 ans.

Title: It's Only a Game
Artist: Alexander McQueen
Date:S/S 2005
Image: firstVIEW

« La mode est une grosse bulle et parfois j’ai envie de l’éclater » Alexander McQueen.

Activités en relation à Alexander McQueen à Londres l’année prochaine inclura :
- Exposition de photo par Nick Waplington montrant le travail en progrès de McQueen : Tate Britain du 10 mars au 17 mai 2015 ;
- Alexander McQueen, un livre de 350 photos en couleur qui sortira le 2 mars 2015 (£45) : élaboration de themes tels que le gothique, le primitivisme, le naturalisme ou encore le futurisme – une approche kaléidoscopique qui explorera le créateur le plus provocateur de la Perfide Albion où il y sera aussi question de la psychologie de la mode et d’histoire naturelle etc…


Title: Butterfly headdress of hand-painted turkey feathers
Artist: Philip Treacy for Alexander McQueen
Date: La Dame Bleue,S/S 2008
Credit line: Model: Alana Zimmer,
© Anthea Simms 

En attendant ce moment… je recommande fortement un livre qui contient quelques vêtements de McQueen : ISABELLA BLOW: FASHION GALORE! Edité par Alistair O’Neill. Photographie de Nick Knight, Introduction de Daphne Guinness. Textes de Caroline Evans, Alexander Fury, Shonagh Marshall et Alistair O’Neil - Rizzoli New York - ISBN: 978-0-8478-4172-1 – Prix: £40.00 - Hardcover / 224 pages / 150 colour et b+w photographies / 9 ¼ x 11 ¼ - Novembre 2013


Gratuit à la  médiathèque @ BFI
Cutting Up Rough – Alexander McQueen feat Isabella Blow – Dir Theresa Smith – 30 mins
Philipe Treacy with McQueen = http://explore.bfi.org.uk/4ce2b8015de1a

Title: It's a Jungle out there
Artist: Alexander McQueen
Date: , A/W 1997-8
Image: firstVIEW

Alexander McQueen: Savage Beauty ouvre ses portes au V&A, Cromwell Road, London SW7
14 mars - 19 Juillet 2015;

Heures ouvrables du musée
10h00 à 17h45 tous les jours - 10h00 à 22h00 tous les vendredis (certaines galeries restent ouvertes après 18h00) - Fermé du 24 au 26 décembre
L’entrée du tunnel située à la station de métro South Kensington, pour accéder au V&A, est ouverte de 10h00 à 17h30 tous les jours, mais peut être fermée, à l’occasion, sur demande du Métro londonien.
Billets
£16  – Pour acheter votre billet = www.vam.ac.uk/savagebeauty ou appelez 0044 - (0)20 7420 9736 @V_and_A -  #SavageBeauty


Sybille Castelain pour babylondonorbital@gmail.com